Santé

Une conférence sur le cancer du sein critiquée pour un panel composé exclusivement d’hommes

«C’est absolument ridicule.»

Publié le 

Un radiologiste utilise une loupe pour examiner des mammographies à la recherche d’un cancer du sein à Los Angeles, le 6 mai 2010. Photo AP Un radiologiste utilise une loupe pour examiner des mammographies à la recherche d’un cancer du sein à Los Angeles, le 6 mai 2010. Photo AP

Une conférence britannique sur le cancer du sein fait l’objet de critiques après qu’une publication sur les réseaux sociaux a révélé un panel composé exclusivement d’hommes.

Une photo du London Breast Meeting (LBM), qui s’est tenu en septembre, a été publiée sur LinkedIn et montrait un panel de 14 hommes.

Ce texte est une traduction d’un article d CTV News.

Andrew Kelso, médecin-chef d’un hôpital de Harlow, en Angleterre, écrivait dans ce message qu’il venait de mener une réflexion approfondie sur le manque de femmes en chirurgie lors de la formation initiale, lorsque la photo de ce panel exclusivement masculin est rapidement apparue dans sa boîte de réception.

«Cette photo, qui montre une rangée compacte d’hommes, illustre mieux que n’importe quel discours les conséquences du leaky pipeline», a-t-il écrit.

Plusieurs commentateurs ont qualifié la photo de « choquante », tandis que d’autres ont pensé qu’il s’agissait d’une blague.

«Sérieusement? On dirait un mème… “Les experts londoniens en chirurgie mammaire, tous des hommes”», a écrit Joo-Young Chun, radiologiste interventionnel consultant au St. George’s University Hospitals NHS Foundation Trust. «C’est absolument ridicule.»

«(Quatorze) hommes sur scène qui parlent de seins – mon compteur d’ironie a encore explosé», a réagi David Schley, dirigeant d’un organisme de bienfaisance. «J’ai d’abord cru que c’était un canular.»

Dans une publication partageant la photo sur X, la chirurgienne des seins Rhea Liang a utilisé le mot-clic #nomoremanels, le terme «manel» désignant les panels composés exclusivement d’hommes.

«La photo est particulièrement frappante, car elle porte si clairement sur une question “féminine”, mais les manels, où qu’ils se trouvent, posent problème, car ils constituent un signe très visible de la culture d’exclusion sous-jacente», a-t-elle écrit dans l’une de ses réponses à la publication.

Certains organisateurs de la conférence ont défendu ce panel. La présidente scientifique de la LMB, Marlene See, et le président de la conférence, Jian Farhadi, ont affirmé au BMJ, un média médical, que la photo «ne montrait pas la présidente scientifique, qui se tenait à droite du podium, ni les professeures qui n’étaient pas encore arrivées».

Ils ont ajouté que six des 47 conférenciers présents à la conférence étaient des femmes, soit 12,8%. Ils se sont toutefois engagés à faire mieux lors des prochains événements.

«Nous sommes fermement convaincus que la disparité entre les sexes doit être corrigée et nous continuerons à viser une proportion plus élevée de conférencières en 2027 et au-delà», ont-ils dit au média.