Angela Thibeault raconte que sa mère, âgée de 87 ans, atteinte de démence à un stade avancé et souffrant d’un traumatisme crânien, a passé près de 5 jours dans le couloir du service des urgences de l’hôpital Grace, situé à Winnipeg.
«C’est inhumain, vraiment — c’est déchirant», a-t-elle lancé.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Sa mère est tombée chez elle et a été amenée au Grace Hospital samedi. Sa fille a ensuite fait le voyage depuis la Colombie-Britannique pour être à ses côtés.
«Elle a une énorme, énorme [contusion] au front — un énorme bleu, noir et bleu», a-t-elle raconté.
Les médecins ont diagnostiqué une hémorragie cérébrale chez la mère. En raison de son âge, une intervention chirurgicale a été écartée. Compte tenu de son état, Louise ne pouvait pas rentrer chez elle et avait besoin d’une place dans un établissement de soins. En attendant, un lit d’hôpital était sa seule option.
Mais, elle a été placée dans un couloir de l’hôpital Grace jusqu’à mercredi matin, dans l’attente de son admission.
Angela Thibeault explique que cette expérience a été terrifiante et angoissante pour sa mère, car les lumières du couloir sont toujours allumées, sans parler du bruit qui règne dans un service des urgences.
«Les sirènes, les annonces, vous savez, le code rouge, les médecins, il y a des gens qui crient, des gens qui pleurent, et il y a ces horribles néons au-dessus de sa tête», a-t-elle dit.
Sa mère se trouve désormais dans une petite salle d’examen, toujours en attente d’un lit d’hôpital.
«Elle a beaucoup de mal à rassembler ses pensées. Elle ne cesse de se demander ce qu’elle fait là et répète sans cesse qu’elle veut rentrer chez elle», a confié la fille.
Dans un communiqué, un porte-parole du ministre de la Santé, Uzoma Asagwara, a affirmé qu’ils travaillaient avec la famille pour s’assurer que Louise reçoive les soins dont elle a besoin.
«C’est une situation pénible ; le cabinet du ministre a pris contact avec la famille de la patiente et collabore avec la WRHA pour veiller à ce que la patiente soit admise dès que possible», a-t-il dit.
Dans un communiqué, l’Autorité régionale de santé de Winnipeg indique que le nombre de patients peut varier et qu’un afflux important peut perturber le flux des patients, entraînant un engorgement des services d’urgence jusqu’à ce que ces patients puissent être admis dans un service.
«Actuellement, l’hôpital Grace connaît une affluence de patients aux urgences nécessitant une admission», a-t-on précisé par communiqué. «Pour aider à remédier à la situation, des lits temporaires ont été ajoutés, et des efforts coordonnés à l’échelle du système garantissent que les patients reçoivent les soins adaptés dans des environnements adaptés à leurs besoins.»
Selon Angela Thibeault, le personnel de santé fait de son mieux, mais affirme que quelque chose doit changer au sein du système.
«J’insiste pour que les gens prennent conscience de la situation, car c’est votre avenir, je veux dire, j’ai 60 ans et je ne veux pas me retrouver dans cette situation à 87 ans», a-t-elle lancé.

