Santé

Un pharmacien estime que la pénurie de médicaments au Canada est «inacceptable»

«On avance à l’aveuglette. On se réveille simplement le matin et on découvre qu’un médicament n’est pas disponible.»

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Pharmacy photos June 25 Kyro Maseh dans sa pharmacie le 25 juin 2026. (CTV News)

Ces dernières semaines ont été frustrantes pour Kyro Maseh, derrière le comptoir de sa pharmacie de Beaches.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Les patients se présentent avec des ordonnances pour des médicaments courants destinés à traiter le glaucome, la douleur postopératoire et les brûlures d’estomac. Ces médicaments sont en rupture de stock et, dans bien des cas, les solutions de rechange sont difficiles à trouver, sans qu’on sache clairement quand les stocks reviendront à la normale.

Bien que Santé Canada communique publiquement quels médicaments font l’objet d’interruptions d’approvisionnement et pourquoi, M. Maseh estime que la communication et les plans d’atténuation laissent à désirer.

«On avance à l’aveuglette. On se réveille simplement le matin et on découvre qu’un médicament n’est pas disponible», a dit M. Maseh à CTV News lors d’une entrevue jeudi.

«C’est inacceptable.»

—  Kyro Maseh, pharmacien

Il explique que la rupture de stock d’un médicament peut déclencher une avalanche de télécopies et d’appels téléphoniques entre les médecins et les pharmaciens pour trouver une solution de rechange afin que les patients reçoivent le soutien dont ils ont besoin.

«C’est un gaspillage total de ressources en soins de santé», a soutenu M. Maseh.

Le Dr Allan Grill, chef du service de médecine familiale à Oak Valley Health, convient que les ruptures de stock non résolues allongent inutilement ce qui devrait être un processus simple.

Il explique que la délivrance d’une ordonnance peut nécessiter de nombreuses étapes pour le prestataire de soins et exiger des rendez-vous de suivi au cabinet médical ou à la pharmacie.

«Les gens sont occupés; ils ont un emploi, ils ont de jeunes enfants. Cela devient tout simplement un énorme inconvénient. Ainsi, lorsqu’il y a des pénuries de médicaments et qu’elles ne sont pas résolues, cela entraîne des conséquences imprévues pour le patient, le pharmacien et, évidemment, le médecin de famille ou l’infirmière praticienne.»

Kirstin Campbell a été prise de panique la semaine dernière lorsqu’elle a appris que les collyres dont elle dépend pour traiter son glaucome étaient en rupture de stock.

«J’avais peur», a admis Mme Campbell. «Est-ce que ça va finir par — sans que ce soit ma faute — m’obliger à subir une chirurgie? Ou pire encore, est-ce que la pression va augmenter et quelque chose de grave pourrait arriver?»

M. Maseh a finalement pu aider Mme Campbell à trouver une solution de rechange, mais il aimerait simplifier le processus.

«Les pharmaciens devraient être autorisés, en cas de rupture de stock, à substituer un médicament par un autre de la même catégorie, tout aussi efficace et présentant un profil d’effets secondaires similaire», explique M. Maseh.

M. Grill précise que les médecins comptent souvent sur les pharmaciens pour les tenir informés de tout problème d’approvisionnement et leur proposer rapidement des solutions de rechange afin de ne pas mettre en danger la santé des patients.

Un porte-parole de Santé Canada a souligné que les pénuries de médicaments sont répertoriées publiquement en ligne. Parmi les médicaments en pénurie, on trouve notamment l’hydromorphone, en raison d’une «interruption de la fabrication», et le Combigan, en raison d’une demande accrue.

Par ailleurs, le ministère de la Santé de l’Ontario a affirmé que les fabricants sont tenus d’aviser Santé Canada des pénuries et des arrêts de production de médicaments.

«Bien que le ministère n’intervienne pas dans les décisions opérationnelles des entreprises indépendantes, et que les fabricants de produits pharmaceutiques soient responsables des décisions quotidiennes relatives à leurs activités, y compris le choix des produits à fabriquer, nous collaborons avec les autres provinces et territoires, les intervenants de la chaîne d’approvisionnement et les fournisseurs de soins de santé afin d’atténuer et de minimiser l’impact des pénuries si celles-ci devaient se produire», peut-on lire dans le communiqué du ministère.

«Cela implique notamment de collaborer entre les provinces et avec le gouvernement fédéral pour s’assurer qu’un médicament en pénurie dispose soit d’un substitut identique, soit d’un approvisionnement en autres médicaments pouvant servir d’alternative thérapeutique.»

Siobhan Morris

Siobhan Morris

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Queen’s Park Bureau Chief & Video Journalist, CTV News Toronto