Santé

Détection d’un parasite dévastateur: ce ver mangeur de chair est-il au Canada?

Un expert a répondu à la question.

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New World screwworm Des larves de la mouche du ver à vis, prélevées sur des vaches infectées, sont examinées dans une usine de production de mouches stériles au Panama en juin. Enea Lebrun/Reuters via CNN Newsource

Un parasite dévastateur inquiète aux États-Unis. Alors qu’un premier cas de lucilie bouchère a été confirmé, un expert affirme que ce parasite carnivore qui s’attaque au bétail n’est pour l’instant pas présent au Canada.

Également appelée mouche du vis du Nouveau Monde ou ver à vis mangeur de chaire, la lucilie bouchère avait été éradiquée au sud de la frontière en 1966, et une petite éclosion apparue dans les Keys de Floride avait été éliminée en 2017. Mais le ministère américain de l’Agriculture a déclaré mercredi qu’un veau âgé de trois semaines à LaPryor, au Texas, avait été contaminé.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

La secrétaire américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins, a déclaré que le parasite n’avait été détecté nulle part ailleurs aux États-Unis et que la menace pour la santé humaine était extrêmement faible. Les responsables ont également indiqué que les larves de la mouche n’infestaient pas les aliments, bien qu’elles puissent nuire au bétail.

«Il n’y a pas de cas au Canada», a mentionné jeudi le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses au University Health Network et au Toronto General Hospital, lors d’une entrevue sur Zoom avec le CTVNews.ca. «Nous n’en avons pas ici.»

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a souligné jeudi qu’elle travaillait à une réponse à la demande d’informations du CTVNews.ca concernant la situation relative à la lucilie bouchère au Canada.

Le Canada pourrait occasionnellement connaître des «cas importés» par le biais des voyageurs et du commerce de bétail, a déclaré le Dr Bogoch. Ces cas doivent être «identifiés rapidement et éliminés afin qu’ils ne se propagent pas», a-t-il ajouté.

Il a précisé que la mouche à vis pouvait nuire au bétail, à la faune sauvage et aux humains, alors que ce parasite est carnivore.

M. Bogoch a expliqué qu’il n’existait pas de vaccin contre la lucilie bouchère, car il s’agit d’une infestation par des mouches plutôt que d’une maladie infectieuse, d’une bactérie, d’un virus ou d’une infection fongique.

Ce parasite a d’ailleurs attaqué un voyageur canadien de retour du Costa Rica, selon un article publié l’année dernière dans la revue Travel Medicine and Infectious Disease.

Bien que ces mouches parasites puissent entrer au Canada, M. Bogoch a précisé que ces parasites nuisibles prospèrent dans les environnements tropicaux et chauds et ne survivraient pas au climat plus froid du Canada.

Il a ajouté que les cas chez l’homme sont rares et que les infestations seraient plus faciles à détecter chez les personnes que chez les animaux, étant donné qu’un patient chercherait probablement à obtenir une aide immédiate après avoir remarqué des larves sortant de son corps.

«Des décennies et des décennies de travail»

Une «barrière» avait auparavant permis de tenir la mouche à vis à distance dans le sud du Panama et en Amérique du Sud en élevant des mouches stériles et en les lâchant sur une vaste zone, a expliqué M. Bogoch. Cette barrière avait empêché les ravageurs de migrer vers le nord, car ils ne pouvaient pas se reproduire s’ils s’accouplaient avec les mouches stériles, a-t-il précisé. Mais la lucilie bouchère s’est propagée vers le nord, atteignant notamment le Costa Rica, le Nicaragua, le Mexique et désormais le Texas.

«Des décennies et des décennies de travail ont été nécessaires pour éviter que cela ne se produise, et cette technique de mouches stériles a été extrêmement efficace, mais il est évident que cette barrière a été franchie et qu’il sera très difficile de garantir l’éradication de cette mouche dans ces nouvelles zones», a conclu le Dr Bogoch.

Avec des informations de l’Associated Press et de CNN

CTV News

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