Santé

Tensions entre Québec et les médecins: des étudiants remettent en question leur avenir

«Certains envisagent désormais de postuler dans d’autres provinces ou régions­.»

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Adam Mouncef, étudiant en médecine à l’Université McGill de Montréal, constate un changement de mentalité chez ses camarades.

«Certains commencent à se tourner vers d’autres horizons en raison de l’ambiguïté et de l’incertitude», a-t-il expliqué. «Ils envisagent désormais de postuler dans d’autres provinces ou régions, malgré leur amour et leur profond attachement au Québec et à leurs racines.»

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

M. Mouncef, qui est également vice-président des affaires gouvernementales de la Société des étudiants en médecine de l’Université McGill, affirme qu’il ne s’agit plus seulement de choisir la bonne spécialité ou le bon programme, mais aussi de politique et de stabilité.

«Aujourd’hui, les étudiants commencent à s’intéresser au cycle électoral et aux relations entre les médecins et le gouvernement», a-t-il dit.

Le Québec compte actuellement le plus grand nombre de postes de résidence en médecine familiale inoccupés – plus que le reste du Canada réuni – soit 146 après le premier tour.

Les médecins spécialistes veulent être payés plus cher, Legault réplique Devant l’«attitude intransigeante» du gouvernement dans les négociations avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), on recommandera aux médecins de ne plus utiliser la plateforme du Centre de répartition des demandes de services (CRDS). Ce nouveau moyen de pression sera en vigueur le 16 mars prochain.

Le médecin de famille Michael Kalin déplore que le ton des débats récents ait des répercussions négatives.

«C’est dû à des années d’hostilité envers la médecine familiale», a-t-il soutenu. «Cela a déteint sur les nouveaux diplômés, qui ont peur de se lancer dans une profession assiégée par le gouvernement depuis si longtemps.»

Le moment choisi pour ce conflit est également loin d’être idéal, puisque 22% des médecins de famille du Québec ont actuellement plus de 60 ans et approchent de la retraite.

«Je suis terrifié parce qu’il n’y a pas de sang neuf qui arrive en médecine familiale», a indiqué le Dr Michael Kalin. «D’un autre côté, je suis terrifié parce que je ne sais même pas si le gouvernement envisage la médecine familiale dans l’avenir des soins primaires.»

Les étudiants s’accordent à dire que le climat politique est difficile à ignorer, ce qui amène certains à s’interroger sur leur avenir au sein du système.

«Nous avons travaillé si dur ces dernières années pour en arriver là, et soudain, nous ne savions plus à quoi ressemblerait notre avenir», a rapporté Rosalie Kègle, étudiante en médecine à l’Université de Sherbrooke. «Nous nous sentons impuissants de ne pas pouvoir aider nos patients.»

Elle fait valoir que si l’on attend davantage des médecins de famille, il faudrait un soutien accru, notamment un meilleur accès aux spécialistes et aux ressources.

Entente entérinée entre les médecins de famille et le gouvernement Après beaucoup de négociation, les médecins de famille ont finalement voté à 97% en faveur de l'adoption de l'entente de principe avec le gouvernement du Québec. Réaction du Dr Benoit Heppell.

Adam Mouncef ajoute que l’enjeu dépasse la simple question des chiffres.

Selon lui, il s’agit plutôt de la qualité des soins.

«Lorsqu’un médecin formé en français ou un étudiant francophone quitte le Québec, cette perte est difficile à compenser, car des soins dispensés dans la langue du patient sont irremplaçables», a-t-il dit.

Des étudiants aux médecins chevronnés, tous affirment que tout ce qu’ils veulent, c’est avoir leur mot à dire pour contribuer à façonner le système et protéger l’accès aux soins pour les patients qui dépendent d’eux.