Si les femmes âgées vivent plus longtemps que les hommes au Canada, nombreuses sont celles qui déclarent vieillir dans un contexte de plus grande précarité financière, de solitude et d’âgisme.
Ces conclusions sont tirées d’un nouveau rapport de l’Institut national sur le vieillissement, qui s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 6000 Canadiens âgés de 50 ans et plus.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Le genre influence profondément l’expérience du vieillissement», a indiqué ce nouveau rapport, publié en partenariat avec l’International Longevity Centre for Canada. «Les femmes canadiennes âgées, en particulier celles qui disposent de revenus insuffisants et celles issues de minorités ethniques, sont confrontées à des obstacles systémiques qui exigent des réponses politiques ciblées, transversales et fondées sur des données probantes.»
Espérance de vie plus longue mais conditions précaires
En 2023, l’espérance de vie à la naissance au Canada était de 84 ans pour les femmes et de 79,6 ans pour les hommes. En raison de leur plus grande longévité, on compte près de 600 000 femmes de plus que d’hommes âgés de 50 ans et plus au Canada.
Selon le rapport, des inégalités systémiques ont contribué à un écart de revenus entre les sexes qui persiste à mesure que les femmes vieillissent. Les femmes âgées étaient plus nombreuses que les hommes âgés à déclarer disposer d’un revenu insuffisant (24% contre 19%) et à avoir moins de 5000$ d’épargne-retraite (26% contre 19%). Elles étaient également plus nombreuses à déclarer souffrir de privation matérielle (23% contre 16%).
Les femmes âgées disposant de revenus insuffisants étaient encore plus susceptibles de déclarer souffrir d’isolement social (61% contre 54%), d’une mauvaise santé physique et d’une mauvaise santé mentale par rapport aux autres. Parallèlement, les femmes âgées issues de minorités ethniques étaient moins susceptibles de déclarer avoir un médecin traitant attitré (64% contre 71%).
Le rapport a également révélé que les femmes âgées étaient plus susceptibles de déclarer souffrir de solitude (61% contre 54%) et d’être victimes d’âgisme (33% contre 28%).
«L’adéquation des revenus semble avoir un impact sur presque toutes les dimensions de l’état de santé et de l’accès aux soins de santé», a-t-on mentionné dans le rapport. «Des recherches ont montré que l’isolement social et la solitude peuvent entraîner une mortalité prématurée, une détérioration de l’état de santé et une baisse de la qualité de vie.»
Lutter contre les inégalités
Basé à l’Université métropolitaine de Toronto, l’Institut national sur le vieillissement est un groupe de réflexion universitaire qui se consacre au vieillissement au Canada.
Étant donné que des facteurs tels que le genre, le revenu et l’origine ethnique influencent les résultats liés au vieillissement, le nouveau rapport de l’institut préconise des politiques ciblant les causes profondes des inégalités liées au vieillissement.
«Il est essentiel de comprendre où et comment les inégalités se manifestent pour concevoir des politiques qui améliorent la situation des femmes âgées», a lancé Alyssa Brierley, directrice exécutive de l’Institut national sur le vieillissement, dans un communiqué de presse.
«Les expériences du vieillissement varient selon les communautés et les groupes démographiques. Si nous voulons améliorer la situation des femmes âgées, nous devons adopter une approche intersectionnelle pour cerner les inégalités et pouvoir y remédier», a-t-elle ajouté.

