Santé

Réincarnation: une étude identifie une tendance surprenante

Plus le décès de la personne avait été soudain ou inattendu, plus la réincarnation semblait survenir rapidement.

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Plus le décès de la personne avait été soudain ou inattendu, plus la réincarnation semblait survenir rapidement. Sur la photo, un cimetière en France en 2010. Photo AP Plus le décès de la personne avait été soudain ou inattendu, plus la réincarnation semblait survenir rapidement. Sur la photo, un cimetière en France en 2010. Photo AP (REMY DE LA MAUVINIERE)

Des chercheurs américains qui se sont intéressés au phénomène de la réincarnation ont constaté une tendance surprenante: le délai entre le décès et la «renaissance» était en moyenne plus court lorsque les dossiers indiquaient que la personne décédée était morte de manière inattendue.

Les scientifiques de la faculté de médecine de l’Université de la Virginie ont étudié près de 1700 cas pour lesquels une personne de référence (la personne possiblement réincarnée) avait été clairement identifiée, «afin de vérifier si la durée de l’intervalle était en corrélation avec les caractéristiques du décès et si toute association observée persistait après prise en compte des variables susceptibles d’introduire un biais».

Les cas étudiés avaient été compilés au fil du temps par l’université. Il s’agissait des cas jugés les plus crédibles, ceux qui permettaient de jumeler les souvenirs prétendument issus d’une vie antérieure – généralement ceux d’un enfant – et le parcours d’une personne décédée en particulier.

Les chercheurs ont examiné différentes variables, a-t-on expliqué par voie de communiqué, notamment si le décès était dû à des causes naturelles, telles qu’une maladie ou la vieillesse, ou à des causes non naturelles, telles qu’un accident, un acte de violence intentionnel ou un suicide. Ils ont également pris en compte l’âge au moment du décès et le caractère prévisible ou inattendu de celui-ci.

L’étude rapporte que «le caractère inattendu et le caractère naturel du décès étaient tous deux significativement associés au délai d’intervalle (...) les intervalles médians diminuant d’environ 21 mois au niveau le plus bas de caractère inattendu du décès à 12 mois au niveau le plus élevé, ce qui représente une réduction d’environ 40 % à 45 %».

Le caractère inattendu du décès est resté le prédicteur unique le plus fort dans l’analyse de régression multiple, précisent les auteurs. En d’autres mots, plus le décès de la personne avait été soudain ou inattendu, plus la réincarnation semblait survenir rapidement.

Cette association a persisté dans cinq analyses de modération portant sur la qualité de la vérification, la contamination de la mémoire, les liens familiaux, la motivation liée au statut social et la croyance en la réincarnation.

Les auteurs soulignent que «l’effet était plus marqué chez les familles ne croyant pas à la réincarnation, contrairement à ce que prédirait une hypothèse de construction culturelle».

«Bien que les données soient observationnelles et sujettes à d’éventuels biais de sélection, nos résultats confirment et élargissent les rapports antérieurs, suggérant que les schémas temporels observés dans les cas de type “réincarnation” pourraient refléter un phénomène systématique difficilement explicable par les cadres psychosociaux existants», disent les chercheurs américains.

Ils précisent en terminant que cette étude ne prouve aucunement l’existence de la réincarnation, mais ils estiment que leurs résultats justifient la poursuite des recherches.

Les conclusions de cette étude ont été dévoilées par le journal Psychology of Consciousness: Theory, Research and Practice, une publication de l’American Psychological Association.