Les fans de soccer du monde entier s’apprêtent à affluer à Toronto, qui accueillera plusieurs matchs de la Coupe du monde de la FIFA 2026. Mais des cas de virus Ebola liés à une épidémie mortelle en Afrique centrale pourraient-ils également faire le voyage ?
L’Organisation mondiale de la santé a déclaré en fin de semaine que cette épidémie — qui a débuté en République démocratique du Congo et a fait au moins 131 morts — constituait une urgence de santé publique de portée internationale.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
Plus de 500 cas de ce virus ont été signalés depuis le début de l’épidémie. Il n’existe actuellement aucun traitement approuvé pour cette variante particulière d’Ebola, appelée virus Bundibugyo.
Dans une évaluation des risques concernant la probabilité que des maladies atteignent les villes hôtes canadiennes pendant le tournoi, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a déclaré que, bien qu’elle «surveille de près» la situation, les chances d’importation du virus Ebola à Toronto ou à Vancouver sont «très faibles».
«Le Canada continuera à mettre en œuvre les protocoles sanitaires appropriés si un cas venait à être importé au Canada. Nous travaillerons avec nos partenaires internationaux et nationaux des provinces et des territoires pour orienter notre réponse et protéger la santé des Canadiens», a indiqué l’agence.
Dans une entrevue accordée mardi à CP24, le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses, a expliqué que l’exposition au virus en dehors de l’Afrique centrale serait «très rare, mais évidemment pas nulle».
Le Dr Bogoch a rappelé une précédente épidémie survenue dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest en 2014, qui avait touché 28 000 personnes et fait plus de 11 000 morts. Un petit nombre de cas avait été signalé aux États-Unis.
«Il y en a eu très peu, mais tout de même quelques cas qui ont voyagé par avion commercial vers des destinations lointaines, comme le Nigeria, par exemple, et bien sûr vers les États-Unis», a-t-il expliqué.
«C’est donc le moment où les gouvernements du monde entier vont commencer à examiner leurs interactions et leur proximité avec les pays touchés par le biais des voyages aériens, et ils pourraient commencer à mettre en place des questions de dépistage dans les aéroports», a-t-il ajouté.
Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont annoncé lundi qu’ils allaient commencer à contrôler les voyageurs aériens en provenance de pays liés à l’épidémie et à restreindre l’entrée sur le territoire aux personnes ne possédant pas de passeport américain qui se sont rendues dans certaines régions d’Afrique centrale au cours des dernières semaines.
De son côté, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a affirmé qu’elle procéderait à une évaluation rapide des risques afin d’évaluer le risque d’importation et, par conséquent, «le risque global pour la population canadienne»
«Il est peu probable que nous ayons à faire face à quoi que ce soit ici»
La Dre Allison McGeer, médecin spécialiste des maladies infectieuses au Sinai Health System, a affirmé mardi sur les ondes de CTV News Channel que, tout comme pour la propagation du hantavirus, le risque de contracter le virus Ebola au Canada est faible.
«Il est vraiment peu probable que nous ayons à faire face à quoi que ce soit ici. Ce n’est pas une région du monde où les voyages vers les pays d’Europe du Nord ou d’Amérique du Nord sont fréquents», a-t-elle soutenu.
Elle a souligné qu’aucun cas d’Ebola n’avait été détecté au Canada à la suite de l’épidémie de 2014 en Afrique de l’Ouest.
«Du point de vue de chaque Canadien, cela n’a vraiment aucune pertinence pour le moment.»
— La Dre Allison McGeer
L’épidémie actuelle d’hantavirus, qui a débuté sur un paquebot de croisière néerlandais, a fait 11 cas dans le monde, dont trois décès.
Dix personnes en Ontario sont actuellement en isolement après avoir été exposées au virus. Une personne a été déclarée positive au virus en Colombie-Britannique, ce qui constitue le premier cas canadien lié à cette épidémie.
Le hantavirus a été inclus dans l’audit des maladies infectieuses réalisé par l’ASPC en vue de la Coupe du monde. L’agence a indiqué que le risque global de contracter le virus pour la population générale est faible.

