Santé

Québec lance une politique en médecine génomique: un progrès pour des maladies rares

Cette médecine peut arriver à prévenir des maladies dans certains cas.

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La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, photographiée lors d'une conférence de presse à Beloeil, au Québec, le 13 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, photographiée lors d'une conférence de presse à Beloeil, au Québec, le 13 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

Québec lance sa première politique en médecine génomique, un type de médecine qui pourra aider particulièrement les patients atteints de maladies rares et ceux qui ont un cancer avec un mauvais pronostic.

Plus précisément, la médecine génomique utilise l’information contenue dans notre ADN pour diagnostiquer des maladies et développer des traitements plus efficaces. Elle peut aussi arriver à prévenir des maladies dans certains cas.

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a annoncé lundi lors d’une conférence de presse, à Montréal, que la politique québécoise serait accompagnée d’une enveloppe de 2,5 millions $. «Ça va nous permettre de mieux organiser nos efforts, de renforcer la collaboration entre les équipes et surtout d’assurer un accès plus équitable à ces avancées partout au Québec», a commenté Mme Bélanger.

«N’oublions pas, c’est aussi la possibilité de réduire l’errance diagnostique, de mieux accompagner les patients, leurs familles et d’offrir des soins plus humains, plus personnalisés.»

Lors d’un panel qui a suivi la conférence de presse, la directrice générale de la Coalition Priorité Cancer au Québec, Eva Villalba, a vulgarisé ce que la médecine génomique représentait pour les patients.

Elle a illustré qu’auparavant, pour combattre un cancer, on lançait de grandes thérapies qui étaient comme une bombe nucléaire sur le corps, tuant le cancer, mais aussi les bonnes cellules. Ensuite, les thérapies sont devenues plus précises, ce que Mme Villaba illustre comme un missile. Maintenant, avec la médecine génomique, on envoie «une équipe S.W.A.T.» qui cible le cancer, épargnant les cellules saines. Cela veut dire potentiellement moins de traitements qui ne fonctionnent pas pour les patients.

Former plus de généticiens, une profession rare

La politique vise à accélérer des projets déjà en cours, notamment le déploiement des biopsies liquides en cancérologie et la participation à un projet pancanadien de séquençage du génome complet.

Elle a aussi comme objectif de rapatrier certaines analyses afin de les faire au Québec à moindre coût. Le Réseau québécois de diagnostic moléculaire réalise chaque année près de 40 000 analyses dans les laboratoires publics québécois.

De l’enveloppe, 1,2 million $ serviront à financer des tests compagnons, qui sont des tests effectués à partir d’un échantillon du patient pour déterminer s’il risque de bien répondre à une thérapie ciblée ou de subir des effets indésirables. On prévoit aussi 750 000 $ afin de développer un outil qui permettra aux équipes d’analyser et d’interpréter les données issues du séquençage de l’ADN.

Le reste de l’argent servira à déployer un mode de prélèvement buccal — plus simple et moins invasif — ainsi qu’à former davantage de généticiens de laboratoire en mettant en place un programme de bourses. «C’est une expertise tellement importante nos généticiens de laboratoire. C’est aussi une expertise qui est essentielle bien sûr, mais qui est quand même très rare», a souligné Mme Bélanger.

Un plan d’action devrait être déployé d’ici la fin de l’année afin de définir les étapes de la mise en œuvre de la politique québécoise.