Santé

Québec annonce un plan de 250 M$ pour la prévention en santé

Le plan constitue la feuille de route des cinq prochaines années du «Plan d’action gouvernemental 2026-2031 de la Stratégie nationale de prévention en santé».

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La ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, prête serment lors d'une cérémonie à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 21 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE La ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, prête serment lors d'une cérémonie à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 21 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Le gouvernement du Québec annonce un plan d’action de 250 millions $ pour la prévention en santé qui inclut 54 mesures, un investissement qualifié d’historique par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger.

Le plan constitue la feuille de route des cinq prochaines années pour mettre en place la Stratégie nationale de prévention en santé, qui avait été annoncée en août dernier.

«On sort le plan d’action, puis on investit à l’extérieur des hôpitaux. C’est ça mon message. Parce que vous savez, au Québec, on investit beaucoup dans nos centres hospitaliers, dans nos GMF (groupe de médecine de famille), dans nos CLSC (centre local de services communautaires), mais il faut aussi investir dans la prévention, c’est là que ça se passe», a résumé la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, lundi matin, lors d’un échange avec les journalistes, en marge de cette annonce à Montréal.

Ces 54 mesures, qui sont articulées autour des 19 ambitions de la Stratégie nationale de prévention en santé, visent à «réduire de 10 % la croissance du fardeau des maladies évitables et à diminuer de 10 % l’écart de mortalité prématurée lié aux inégalités socioéconomiques».

Le plan mise sur «la promotion de saines habitudes de vie, des interventions préventives, mais aussi la volonté d’agir en amont et à toutes les étapes de la vie», a expliqué la ministre Bélanger, qui fait le pari qu’à terme, «cela contribuera à une population en meilleure santé et à une diminution du recours aux soins».

Le plan ratisse large et vise à mettre en place des mesures qui, par exemple, vont favoriser de saines habitudes de vie dans les milieux de travail, augmenter la couverture vaccinale, offrir plus d’aide aux personnes qui souhaitent arrêter de fumer, renforcer l’encadrement législatif et réglementaire de la vente d’alcool, soutenir des initiatives visant à améliorer la qualité des logements de personnes vulnérables ou encore favoriser l’accès à la mobilité active et aux activités physiques.

«C’est la première fois qu’en prévention, on vient reconnaître officiellement le lien entre le sport, le plein air et le loisir et la prévention et que l’on met un montant d’argent officiel pour faire changer les choses», a indiqué la ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein air, Kariane Bourassa.

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«On développe souvent nos intérêts en fonction du lieu où on a grandi. Si on vient d’un milieu où le sport est extrêmement valorisé, on a plus de chances de s’y adonner. Donc, il faut arriver à rejoindre les gens, peu importe leur revenu, peu importe le quartier où ils habitent, peu importe, l’âge», a ajouté la ministre Bourassa.

«La plupart du temps, on parle de la maladie», mais avec ce plan «on va mettre de l’avant la santé des Québécois», a ajouté le ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l’itinérance, Lionel Carmant, qui participait également à l’annonce lundi matin.

Le Plan d’action s’appuie sur «la participation d’une trentaine de ministères et d’organismes gouvernementaux», mais sa réussite dépend également de la participation de plusieurs acteurs de la société, comme des organismes communautaires, des intervenants des services sociaux, du milieu de l’enseignement ou encore du secteur privé.

Le plan «viendra soutenir les efforts de mobilisation de l’ensemble des secteurs de la société autour d’un projet collectif: obtenir des gains substantiels en matière de santé et de qualité de vie afin de permettre à la population d’atteindre son potentiel de longévité en santé», a indiqué la Dre Caroline Quach-Thanh, directrice nationale de santé publique.

Un tableau de bord pour mesurer la santé des Québécois

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a également annoncé que, d’ici l’été, un «tableau de bord» qui inclura plusieurs indicateurs sur la santé de la population sera mis en ligne.

«Ce tableau de bord sera public parce qu’on pense que c’est très important que la population puisse suivre aussi l’évolution de ces indicateurs. On y trouvera donc des informations sur les tendances de nos habitudes de vie, comme par exemple le taux de tabagisme, le niveau d’activité de la population, des informations sur certaines maladies chroniques, notamment le diabète, l’asthme, les maladies cardiovasculaires», a expliqué la ministre de la Santé.

Le taux de mortalité de causes évitables par la prévention est l’un des indicateurs qui pourraient figurer sur le tableau de bord.

Ce taux est de 147,2 décès évitables par 100 000 habitants et la cible de Québec est de le réduire à 132,5 décès évitables par 100 000 habitants d’ici 2031, selon le plan présenté lundi.

Autre exemple de données qui pourraient figurer au tableau de bord: la proportion des élèves de troisième année du secondaire ayant une couverture vaccinale complète est actuellement de 70,6 %, alors que le gouvernement souhaite l’augmenter à 80 % d’ici 2031.

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste