Un homme de 40 ans atteint de schizophrénie dénonce le manque de ressources de sa résidence pour personnes autonomes. Des punaises de lit, un lit en piteux état et un manque de nourriture étaient le quotidien de Samuel à la Résidence Cameron de Hawkesbury, et ce, pour un loyer de 1800 $ par mois.
«Les animaux sont mieux nourris qu’eux autres», s’est insurgée Chantal, la mère de Samuel. «Ce n’est pas parce que ce sont des personnes avec des problèmes de santé mentale qu’ils n’ont pas droit d’être bien nourris ou bien traités.»
Dans un témoignage poignant, la mère de famille franco-ontarienne dénonce les abus et la négligence que subiraient les 18 résidents.
«À cause des punaises de lit, ils n’ont plus le droit de prendre le transport en commun ni de prendre un taxi. Une journée, j’ai vu qu’ils leur ont servi des sandwichs à la salade.»
De son côté, Samuel raconte être arrivé à la Résidence Cameron en décembre 2022. Il a dormi dans un lit défoncé pendant trois ans et se réveillait avec des morsures en raison des punaises.

«Pourquoi n’est-il pas venu me voir au cours de ces trois dernières années?» a répliqué le gérant de la Résidence Cameron, Pranav Vyas.
Il assure que la situation est sous contrôle et que les rumeurs sont fausses. Il mentionne que le ministère de la Santé peut venir faire une inspection sans problème. «Tout va bien.»
Or, la situation au sein de la Résidence Cameron ne daterait pas d’hier. Une ex-cuisinière a confié à Noovo Info que, dans les trois résidences du propriétaire, les punaises de lit et la malnutrition sont monnaie courante. Les nombreux problèmes seraient balayés du revers de la main selon elle.
«(Les résidents) ont les larmes aux yeux parce qu’ils ont faim», s’est insurgée l’ancienne cuisinière lors d’un échange téléphonique.
«J’ai reçu une caisse de viande pour les trois résidences. J’ai tout essayé, je l’ai dit au bureau de santé, mais je me suis écœurée et j’ai tout lâché.»

Le propriétaire de la résidence est en poste depuis quatre mois seulement. Il a refusé notre demande d’entrevue, mais nous a assurés par écrit qu’un organisme est chargé de la situation des punaises de lit.
«Nous avons installé des alaises imperméables sur les lits et nous sommes en pourparlers avec des entreprises et des fermiers locaux pour la nourriture», indique-t-on.
L’ancien propriétaire de la résidence, Celestin Onenga, mentionne à Noovo Info ne pas avoir été mis au courant quant à d’éventuels problèmes de négligence.
De son côté, le Bureau de santé de l’Est de l’Ontario (BSEO) dit être au courant de la situation et «travaille en étroite collaboration avec la Résidence Cameron de Hawkesbury afin de résoudre les préoccupations» portées à leur attention.
«Certaines améliorations ont été constatées depuis le début des interventions. Le BSEO surveille toujours la situation et adopte une approche multisectorielle et coordonnée pour renseigner le personnel et les résidents.»
À voir dans la vidéo.

