À la suite d’une «visite récente» au Centre-Monsieur-Nymous, le ministère de l’Environnement (MELCCFP) a ordonné à ce refuge pour animaux sauvages situé à Sainte-Béatrix de cesser de prendre en charge des ratons laveurs, mouffettes et autres canidés sauvages.
Le ministère de l’Environnement a constaté «que plusieurs situations étaient susceptibles de compromettre la santé et le bien-être des animaux, ainsi que ceux de la population» dans le refuge lanaudois.
Une enquête est en cours sur les activités de ce refuge qui dit avoir la mission de sensibilisation et de prévention du public pour le respect de la faune sauvage est en cours, dit le MELCCFP.
Le Centre refuge semble actif, comme en fait foi cette vidéo publiée sur son compte Facebook mercredi.
L’organisme qui est aussi connu sous le nom de Centre refuge Nymous doit aussi «prendre les mesures requises pour éviter tout contact physique entre le public» et les animaux hébergés chez lui et «de vacciner de façon adéquate les animaux contre la rage», a écrit le ministère de l’Environnement dans un communiqué diffusé mercredi.
«Certaines espèces gardées au refuge, notamment les ratons laveurs, les mouffettes rayées et les canidés, ne bénéficient pas des mesures sanitaires requises pour des espèces visées par les mesures gouvernementales de prévention et de contrôle de la rage», a écrit le ministère, qui dit avoir manifesté des «préoccupations quant à l’accueil de nouveaux animaux au refuge» – préoccupations partagées avec Santé Québec Lanaudière et la santé publique régionale.
En date de mercredi, la plateforme de surveillance des cas de rage du raton laveur confirmés du ministère de l’Environnement n’en affichait aucun à Sainte-Béatrix. Le dernier cas de rage du raton laveur confirmé dans Lanaudière remonte à 2023, selon les données du gouvernement.
Explosion des cas de rage du raton laveur chez des animaux
Le ministère de l’Environnement souligne toutefois que les cas de rage du raton laveur sont en croissance au Québec et représentent un enjeu de santé publique. «Cette maladie mortelle peut infecter l’humain et il n’existe aucun traitement une fois les symptômes apparus», rappelle aussi Québec.
On dénombre 253 cas de rage du raton laveur confirmés au Québec depuis le début de 2026 – des cas plus concentrés en Montérégie et en Estrie, selon les données du MELCCFP. À titre comparatif, 107 cas ont été confirmés en 2025, trois en 2024, cinq en 2023 et 10 en 2022.
La rage du raton laveur a fait un retour marqué au Québec en décembre 2024 en raison d’une introduction dans le secteur de Saint-Armand, en provenance du Vermont, aux États-Unis.
Le MELCCFP a lancé en août une opération de vaccination des animaux sauvages en Estrie, de la Montérégie, du Centre-du-Québec et dans les parcs de la région de Montréal.
L’opération s’est déroulée du 3 août au 13 septembre et visait à immuniser les ratons laveurs, les mouffettes et les renards, particulièrement les jeunes, contre la rage.
Les équipes ministérielles ont parcouru 5500 km² pour installer manuellement près de 815 000 appâts vaccinaux dans les zones boisées, sur les berges des cours d’eau, en bordure des champs agricoles et des bâtiments abandonnés, et aux abords des poubelles.
L’opération a été menée dans 111 municipalités, dont deux en Estrie, 97 en Montérégie et 12 au Centre-du-Québec, ainsi que neuf parcs de la région de Montréal.
Cela est survenu après qu’un premier cas de rage du raton laveur a été confirmé chez un chat errant par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). L’animal malade a été signalé à Godmanchester, en Montérégie.
Trois personnes avaient d’ailleurs reçu un traitement préventif après avoir été en contact avec le chat.
La rage est une maladie à déclaration obligatoire au Québec. Il est d’ailleurs important de faire vacciner ses animaux de compagnie contre la maladie.
Quelques conseils contre la rage
- Si vous avez été mordu ou griffé par un animal ou que vous avez été en contact avec sa salive, nettoyez la plaie (même si elle est en apparence mineure) avec de l’eau et du savon pendant 10 à 15 minutes, puis communiquez rapidement avec Info-Santé 811 afin d’obtenir le suivi médical adéquat. S’il s’agit d’un animal domestique, notez les coordonnées de son propriétaire pour que celui-ci fasse évaluer le risque que l’animal soit porteur de la rage.
- Consultez un vétérinaire pour faire vacciner vos animaux domestiques contre la rage, maintenir leur vaccination à jour et déterminer le risque qu’ils aient été infectés s’ils ont été en contact avec un animal sauvage ou s’ils présentent des signes suspects de rage.
- Respectez l’ensemble des consignes afin de prévenir la rage et de vous protéger.
Avec de l’information de La Presse canadienne

