Santé

Pourquoi le cancer du col de l’utérus est en hausse soudaine chez les Canadiennes âgées de 35 à 54 ans?

Selon une gynécologue, l’une des principales lacunes réside dans les soins de suivi.

Publié le 

Close-up of IV line in patient's hand Gros plan médical montrant la main d’un patient sur laquelle est inséré un cathéter intraveineux (IV), fixé à l’aide de ruban adhésif et de gaze, alors que celui-ci est allongé dans un lit d’hôpital. (Banque d'images Envato)

Un cancer évitable est en hausse chez les femmes canadiennes.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Les taux de cancer du col de l’utérus augmentent chez les femmes âgées de 35 à 54 ans, malgré les progrès réalisés tant en matière de dépistage que de vaccination contre le VPH, et les experts exhortent les femmes à ne pas remettre à plus tard leur examen de dépistage.

Pour Shannon Pethick, les signes avant-coureurs étaient bien là, mais elle les a d’abord ignorés. En 2010, à l’âge de 32 ans, elle a commencé à souffrir de saignements prolongés et de douleurs aiguës avant de finalement consulter une infirmière praticienne et de subir un test Pap.

«J’ai reçu un appel m’informant qu’on avait détecté des cellules cancéreuses sur mon col de l’utérus.»

—  Shannon Pethick

Mme Pethick affirme que ce diagnostic a changé sa vie à jamais. Elle a subi une chimiothérapie intensive, de la radiothérapie et une curiethérapie, une forme de radiothérapie interne. Avec le recul, elle estime que tout cela aurait pu être évité si elle avait écouté son corps plus tôt.

«Les examens, les traitements et l’épuisement… Je ne souhaiterais cela à personne», dit-elle. «Et il existe tant de moyens d’éviter d’avoir à traverser tout cela. Si vous faites preuve de diligence, si vous restez vigilante et si vous écoutez votre corps», a-t-elle ajouté.

Le cancer du col de l’utérus est l’une des formes de cancer les plus évitables. Le dépistage précoce permet de détecter les cellules précancéreuses, tandis que le vaccin contre le VPH protège contre les principales souches à haut risque du virus du papillome humain responsables du cancer.

«Nous avons connu une évolution technologique considérable, depuis ce que vous connaissiez comme le test Pap de votre mère jusqu’à ce que nous faisons aujourd’hui, où nous utilisons le dépistage du VPH en plus de la recherche de cellules anormales», a expliqué la Dre Julie Anne Francis, gynécologue oncologue et chirurgienne au Lakeridge Health, en Ontario.

Mais alors que le dépistage lui-même a considérablement évolué, la Société canadienne du cancer indique que les taux de cancer du col de l’utérus au Canada sont en hausse; on estime que 1700 femmes recevront un diagnostic de cette maladie cette année et que 450 en mourront.

Selon la Dre Francis, l’une des principales lacunes réside dans les soins de suivi.

«Une partie du problème réside dans le fait que nous perdons de vue les patientes dès qu’elles obtiennent un résultat anormal», a-t-elle indiqué.

«Nous devons donc vraiment nous pencher sur les technologies dont nous disposons pour nous assurer de rappeler toutes les femmes qui ont obtenu un résultat anormal.»

—   Dre Julie Anne Francis, gynécologue oncologue et chirurgienne

Mme Francis explique qu’il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les femmes pourraient négliger les soins de suivi.

«Parfois, les patientes ne se rendent pas compte que le résultat était anormal, ou elles peuvent avoir peur du suivi», dit-elle. «Certaines personnes, lorsqu’elles voient un résultat anormal, en concluent immédiatement qu’elles ont un cancer, mais un résultat anormal ne signifie pas nécessairement que vous avez un cancer. Souvent, cela nous offre l’occasion de prévenir l’apparition de ce cancer.»

Les experts soulignent également le ralentissement de l’adoption du vaccin contre le VPH, ainsi que le fait que de nombreux Canadiens n’ont pas de médecin de premier recours, qui est souvent chargé de réaliser les tests de Papanicolaou.

Mme Pethick espère que son histoire sensibilisera davantage à l’importance du dépistage précoce afin que d’autres femmes n’aient pas à vivre ce qu’elle a vécu.

«Cela a littéralement changé ma vie. Mais je suis toujours là, et je peux raconter mon histoire», a-t-elle soutenu. «Et j’en suis très reconnaissante, car je sais qu’il y a beaucoup de gens qui n’en sont pas sortis aussi bien que moi.»