Santé

Obésité infantile: faut-il interdire les publicités de malbouffe pour protéger les enfants?

Mais alors que le Royaume-Uni serre la vis, le Canada peine encore à encadrer le marketing alimentaire destiné aux plus jeunes.

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Obesity panel calls for ban on junk food marketing

Pour lutter contre l’obésité infantile, le Royaume-Uni a instauré une réglementation: les publicités pour les aliments jugés mauvais pour la santé, notamment celles de fast-food, sont interdites sur le Web, les médias sociaux et bannies de la télévision avant 21h...

Une mesure radicale par l’entremise de laquelle le gouvernement britannique estime pouvoir prévenir près de 20 000 cas d’obésité chez les enfants.

Mais alors que le Royaume-Uni serre la vis, le Canada peine encore à encadrer le marketing alimentaire destiné aux plus jeunes.

Selon une étude menée l’an dernier par des chercheurs de l’Université Laval, la majorité des stratégies de marketing destinées aux enfants au Canada font la promotion de produits malsains.

Céréales sucrées, collations ultra-transformées et repas de restauration rapide occupent une place disproportionnée dans l’univers publicitaire des plus jeunes.

Pour Lana Vanderlee, professeure agrégée en nutrition à l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politiques visant une saine alimentation, l’initiative britannique est sans précédent.

«L’approche au Royaume-Uni est vraiment novatrice. C’est presque la première fois au monde qu’on voit une interdiction complète sur les médias sociaux, le Web et la télévision», souligne-t-elle.

Le Canada à la traîne

Au Canada, pourtant, le sujet n’est pas nouveau. Plusieurs projets de loi visant à encadrer ou interdire la publicité de malbouffe destinée aux enfants ont été déposés au fil des années, sans jamais aboutir.

«Au Canada, on a essayé plusieurs fois, mais on a échoué à la fin du processus, en partie à cause des lobbyings de l’industrie alimentaire. Il manquait aussi une réelle volonté politique.»

—  Lana Vanderlee, professeure agrégée en nutrition à l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politiques visant une saine alimentation.

L’étude démontre pourtant que des mesures plus strictes sont nécessaires. Les chercheurs recommandent d’interdire la publicité de la malbouffe partout où les enfants peuvent y être exposés: à la télévision, sur les plateformes numériques, mais aussi dans l’espace public.

«C’est vraiment difficile, parce qu’il existe de nombreux formats de marketing. Les enfants sont exposés, par exemple, à travers les équipes sportives comme le hockey ou le soccer, souvent commanditées par de grandes compagnies alimentaires», rappelle la chercheuse.