Santé

«Nous devons agir» pour la santé des hommes, soutient la ministre Marjorie Michel

«Quand les hommes de notre société vont bien, notre société se porte mieux.»

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La ministre de la Santé, Marjorie Michel, prend la parole durant une annonce au Collège La Cité à Ottawa, le lundi 23 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby La ministre de la Santé, Marjorie Michel, prend la parole durant une annonce au Collège La Cité à Ottawa, le lundi 23 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Spencer Colby)

OTTAWA — La ministre de la Santé, Marjorie Michel, a indiqué que le Canada doit agir en matière de santé masculine alors qu'elle a lancé lundi la première étape vers une stratégie nationale.

Mme Michel a fait cette annonce lundi en compagnie de collègues d'autres partis politiques. Elle a mentionné que l'approche du gouvernement sur cette question devait être non partisane et que les solutions nécessiteraient la coopération entre les gouvernements et les organisations communautaires.

Le gouvernement fédéral sollicite l'avis des citoyens de tout le pays avec une consultation en ligne qui sera disponible à partir du 2 mars jusqu'au 1er juin.

«Aidez-nous à élaborer une stratégie qui améliore la santé, prévient les préjudices et renforce nos communautés pour les hommes, les garçons et tous les Canadiens», a souligné la ministre.

«Quand les hommes de notre société vont bien, notre société se porte mieux», a-t-elle ajouté.

Richie Bullbrook, planchiste de l'équipe nationale canadienne et espoir olympique pour 2028, a pris la parole lors de l'événement pour parler de sa propre santé mentale et de la façon dont la dépendance a affecté sa famille.

Il a raconté que son père, James Bullbrook, était son «plus grand partisan» et qu'ils avaient travaillé ensemble toute sa vie pour réaliser son rêve de pratiquer ce sport.

Mais son père luttait également en secret depuis de nombreuses années contre une dépendance à l'alcool et a obtenu un diagnostic de cirrhose pendant la pandémie de COVID-19.

Richie Bullbrook a expliqué que lorsqu'il a été invité à son premier camp d'entraînement olympique il y a quatre ans, la santé de son père déclinait.

«Je ne voulais pas partir, je voulais rester près de chez moi, même si je ne pouvais pas le voir. Je voulais être à proximité. Mon père ne m'a pas laissé rester à la maison. Il m'a dit : "Quand auras-tu à nouveau une telle chance ?"», a souligné le sportif.

James Bullbrook est décédé pendant que son fils était au camp d'entraînement.

Le jeune homme de 22 ans a dû faire face à ses propres problèmes de santé depuis notamment une commotion cérébrale invalidante subie l'année dernière pendant l'entraînement, qui l'a contraint à se confronter à sa santé mentale.

Il est depuis devenu un défenseur de la Fondation pour la santé des hommes au Canada.

«Je pense qu'il y a une épidémie d'hommes qui ont peur de dire : "Je ne vais pas bien", a-t-il avancé. Je suis un homme qui lutte et je veux que d'autres hommes se sentent capables de le dire aussi.»

«J'ai perdu mon oncle et mon père à cause de l'alcoolisme. Ces décès auraient pu être évités. C'est le silence qui les rend mortels, et nous devons normaliser la vulnérabilité chez les hommes», a-t-il précisé.

Movember Canada a encouragé Ottawa à lancer une telle stratégie et est un partenaire indépendant dans ce travail.

Des données préoccupantes

Les données publiées l'été dernier par Movember Canada montrent que les hommes sont trois fois plus susceptibles que les femmes de mourir par suicide et moins enclins à consulter un médecin pour divers symptômes.

Le rapport a également révélé que 75 000 hommes canadiens sont morts prématurément en 2023, souvent de causes évitables. Le coût économique des décès, des maladies et des responsabilités liés aux soins évitables a été estimé à 12,4 milliards $ par an.

«Trop d'hommes meurent trop jeunes, trop d'hommes souffrent en silence et ne font appel aux services d'aide que lorsqu'ils sont déjà en situation de crise», a fait savoir Catherine Corriveau, directrice des politiques et de la défense des droits de Movember.

Le Royaume-Uni et l'Australie ont lancé des stratégies en matière de santé masculine ces dernières années, après que des recherches ont montré des tendances similaires dans ces pays.

La stratégie britannique note que l'amélioration de la santé masculine n'est «pas un jeu à somme nulle» et appelle à un meilleur soutien pour les hommes et les enfants exposés à la violence intime.

La stratégie canadienne inclut des partenaires des ministères des Femmes et de l’Égalité des genres, des Anciens Combattants et des Services aux Autochtones.

«En renforçant la santé physique, émotionnelle et mentale des hommes et des garçons, nous contribuons à rendre les communautés plus saines, plus fortes et plus sûres pour tous, y compris les femmes et les enfants», a déclaré la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Rechie Valdez.

Mme Michel a précisé que le gouvernement envisageait de lancer sa stratégie plus tard en 2026.

Sarah Ritchie, La Presse Canadienne

Sarah Ritchie

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Journaliste