Santé

Mort de Jacques Teasdale: de la «maltraitance par omission» au CHU de Québec, conclut un rapport

On fait également état d’«une situation préoccupante» dans le centre hospitalier.

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(Facebook | Olivier Teasdale)

Le défunt journaliste et ex-conseiller municipal Jacques Teasdale aurait subi de la «maltraitance par omission» alors qu’il était en fin de vie. Une enquête du Protecteur du citoyen montre du doigt le CHU de Québec.

C’est le fils de Jacques Teasdale, Olivier, qui a demandé au Protecteur du citoyen de se pencher sur les traitements que son père a reçu. Dans ses conclusions, l’entité indépendante note «plusieurs lacunes» dans la qualité des soins, notamment sur «le plan de surveillance de la clinique, du suivi de l’état de santé de [Jacques Teasdale] et de la documentation des soins».

On fait également état d’«une situation préoccupante» dans le centre hospitalier.

Faille dans les traitements

Jacques Teasdale avait été hospitalisé au CHU de Québec du 30 juin au 16 juillet 2024, date où il a rendu l’âme des suites d’un cancer du poumon. Lors de cette période, l’enquête note des «tensions entre le personnel et la famille» qui peuvent expliquer une détérioration des soins. Or, elles ne peuvent les justifier, nuancent les enquêtrices.

Le rapport du Protecteur indique que M. Teasdale a, à plusieurs reprises, refusé que le personnel lui prodigue des soins, comme la pose de pansements pour traiter ses plaies.

L’enquête ajoute que ces refus ont été mal interprétés par le personnel soignant, qui savait que le patient était confus.

«Le personnel retirait le pansement spécialisé, alors que celui-ci devait demeurer en place», peut-on lire dans le rapport. L’absence dudit pansement aurait causé des saignements et des douleurs.

On a d’ailleurs omis de fournir à M. Teasdale un lit adapté afin de soulager ses importantes douleurs lorsqu’il était couché. Ce n’est que deux jours avant sa mort qu’il a pu y avoir droit.

«Des démarches auraient dû être entreprises afin d’évaluer la pertinence de lui fournir un lit adapté à sa condition, dès son admission», tranchent les enquêtrices.

M. Teasdale devait donc rester assis au bord de son lit lors de ses changements de pansements, ce qui «augmentait son risque de chute».

Le Protecteur du citoyen a donc soumis neuf recommandations au CHU de Québec.

On suggère notamment de rappeler au personnel infirmier l’obligation de documenter les interventions de façon complète et de faire une «réévaluation de l’efficacité des interventions» à l’endroit des patients qui présentent une altération de la conscience.

Le CHU de Québec a une période de 30 jours après la réception des recommandations du Protecteur du citoyen pour fait part des mesures qu’il prendra.

De son côté, la famille de Jacques Teasdale dit accueillir ce rapport avec soulagement.

«On nous a demandé de nous taire. Aujourd’hui, le rapport parle», a déclaré Olivier Teasdale par écrit.

«La famille demande au gouvernement et au CHU de Québec: l’application complète des neuf recommandations, un suivi transparent de leur mise en œuvre et une rencontre avec le futur ministre de la Santé», indique-t-on dans une réponse écrite.

«Mon père ne peut plus parler. Alors nous continuerons de parler pour lui et tous les autres. Nous ne demandons pas la vengeance. Nous demandons que les faits soient reconnus, que les responsabilités soient assumées et que des changements concrets soient faits.»

—  Olivier Teasdale, fils de Jacques Teasdale

Bien présent sur les réseaux sociaux, Olivier Teasdale a fait le tour des médias au cours des dernières années. Dans un cri du cœur, il avait dévoilé des images choquantes de son père en fin de vie afin de montrer l’état dans lequel il reposait.

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Depuis, il tente de faire la lumière sur les circonstances ayant mené à la mort de son père.

«Cette affaire dépasse désormais le cas de Jacques Teasdale», a conclu le fils de l’ex-journaliste.