La Direction régionale de santé publique de Montréal met en garde contre un mystérieux et dangereux sirop violet vendu dans un flacon se présentant comme un médicament pharmaceutique approuvé.
Ce produit, connu sous le nom de «Lean» ou «Sizzurp», est étiqueté comme une «solution orale de prométhazine avec codéine», c’est-à-dire un sirop contre la toux.
«Au fil du temps, différents mélanges ont été identifiés dans des contenants qui semblent identiques», a expliqué la Santé publique.
Les autorités affirment que certains produits confisqués contiennent du protonitazène, un opioïde toxique, et du bromazolam, un benzodiazépine (dépresseur du système nerveux central) qui n’est pas commercialisé au Canada.
«Toute personne qui consomme ce produit pourrait être exposée à un mélange imprévisible et toxique», indique l’avertissement, ajoutant que la consommation de ce liquide pourrait entraîner une overdose ou la mort.
L’alerte de Montréal fait suite à un avis publié en novembre 2023 par Santé publique Laval concernant un décès par surdose présumé lié à un produit similaire.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
«Notre enquête a révélé qu’un liquide violet contenant un mélange de méthonitazène, de clonazolam et d’un antihistaminique avait été consommé», avait dit la Santé publique de Laval à l’époque, expliquant que le «Lean» est une «drogue consommée sous forme liquide, souvent par de jeunes adultes. Elle contient généralement du sirop de codéine mélangé à une boisson gazeuse et peut être vendue dans un flacon de sirop contre la toux.»
Elle a ajouté que c’était la première fois que le méthonitazène, un opioïde synthétique appartenant à la famille des nitazènes, était détecté sous forme de liquide violet au Québec.
«Certains nitazènes sont estimés être plusieurs fois plus toxiques que le fentanyl», a averti la Santé publique de Laval. «Cette substance présente un risque accru d’arrêt respiratoire et de décès. Les nitazènes ne sont pas détectés par les bandelettes de détection du fentanyl.»
De plus, les autorités soulignent que le clonazolam n’est pas approuvé à des fins médicales et peut provoquer une somnolence et augmenter le risque d’intoxication s’il est consommé avec d’autres dépresseurs du système nerveux.
La naloxone reste l’un des moyens les plus efficaces pour inverser temporairement une overdose d’opioïdes.
Prévenir les surdoses mortelles
Les responsables de la santé publique conseillent à toute personne souhaitant prendre cette substance de réduire sa dose et d’éviter de la consommer seule. Vous pouvez contacter le National Overdose Response Service (NORS) (1 888 688 6677) si nécessaire.
D’autres options sont également disponibles :
- Services de contrôle des drogues.
- Rester avec une personne qui a consommé et l’encourager à se stimuler régulièrement.
- Avoir suffisamment de naloxone à disposition, savoir comment l’utiliser et ne pas hésiter (il n’y a aucun danger à administrer inutilement de la naloxone).
- Lorsque vous consommez avec d’autres personnes, ne le faites pas en même temps.
- Évitez de consommer plusieurs substances en même temps.
- Appelez le 911 en cas de surdose.
Les signes d’une surdose sont les suivants :
- Difficultés respiratoires, ronflements ou absence totale de respiration.
- Peu ou pas de réaction au bruit et à la douleur ; perte de conscience.
- Cyanose (lèvres et ongles bleus) et myosis (pupilles rétrécies ou en pointe).
- «Ces symptômes sont susceptibles d’évoluer vers un arrêt cardiopulmonaire», explique Santé publique Montréal.
- En cas de surdose, appelez immédiatement le 911 et administrez de la naloxone si vous en avez à disposition.

