La Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal veut sensibiliser la population au risque d’être piqué par une tique et de développer la maladie de Lyme, et ce, même en milieu urbain. L’an dernier, 161 cas ont été déclarés à Montréal, soit le nombre le plus élevé depuis 2003, année où la maladie est devenue à déclaration obligatoire au Québec.
L’Estrie demeure de loin la région la plus touchée de la province. Selon le tableau du gouvernement, 859 cas de la maladie de Lyme ont été déclarés entre le 1er janvier et le 1er novembre 2025, dont 385 en Estrie.
Avec les changements climatiques, le nombre de régions où se trouvent les tiques porteuses de la maladie de Lyme est en augmentation. En effet, les températures plus chaudes permettent aux tiques d’être actives plus longtemps et de se propager davantage.
«Avec les projections climatiques, dont je ne suis pas un expert, mais l’attente est que ça se poursuive, cette migration vers le nord des écosystèmes favorables aux tiques», commente en entrevue le Dr Nicolas Sheppard-Jones, responsable médical du Service Urgences sanitaires en maladies infectieuses à la DRSP de Montréal.
Sur les 161 cas déclarés à Montréal, la santé publique évalue que 38 % ont été acquis sur le territoire montréalais. Le principal facteur de risque est la pratique de loisirs de plein air dans une zone endémique.
«On n’est pas en train de dire de rester à la maison, nuance le Dr Sheppard-Jones. On encourage le plein air, les activités à l’extérieur. Après, il y a un changement au niveau de nos habitudes. Il y a 10-15 ans, on n’avait pas ce même risque à Montréal. Maintenant, ce risque est présent.»
Depuis 2024, tout le territoire de l’île de Montréal est considéré à risque d’exposition aux tiques.
Des trucs simples pour éviter une piqûre
Comment prévenir une piqûre de tique? Le Dr Sheppard-Jones précise que les tiques ne sautent pas. Il faut être en contact avec la végétation où elles se situent pour qu’elles s’agrippent à la personne. «On retrouve des tiques dans les forêts, des boisés, des hautes herbes, des jardins. Donc, si on va faire une activité en plein air qui risque de faire en sorte qu’on est en contact avec la végétation, il y a des mesures qu’on peut prendre.»
D’abord, de porter des vêtements longs, et d’appliquer un insectifuge pendant l’activité. En randonnée, si on reste sur le sentier, on diminue de façon très importante le risque d’être mordu par une tique.
Après l’activité, il est fortement conseillé de faire un examen complet du corps, pour soi-même, son enfant ou son animal de compagnie. De plus, prendre une douche ou un bain dans les quelques heures suivant l’activité permet généralement de déloger la tique, ajoute le Dr Sheppard-Jones.
Selon les données recueillies lors des enquêtes épidémiologiques, 55 % des cas ont été diagnostiqués au début de l’infection. Le quart des cas a été diagnostiqué à des stades plus avancés (stade disséminé précoce) et 20 % au stade disséminé tardif. À ces stades, la maladie peut entraîner diverses complications.
Que fait-on si on est piqué par une tique?
La première chose à faire si on a une tique sur nous est de l’enlever. Cela peut se faire à la maison ou par un professionnel de la santé, comme un médecin, une infirmière. Un pharmacien peut aussi guider la personne dans les étapes à suivre pour enlever la tique en toute sécurité, puis procéder à une évaluation, et au besoin prescrire un antibiotique de prévention.
«Si vous êtes mordu par une tique, en général, on va voir des symptômes qui apparaissent entre trois et 30 jours après la piqûre. Trois personnes sur quatre qui ont la maladie de Lyme vont avoir une rougeur au niveau de la peau», indique le Dr Sheppard-Jones. Précisons toutefois que toute piqûre ne mène pas à une infection.
«Si une personne ne consulte pas, la bactérie, la maladie peut se propager à d’autres régions du corps, poursuit l’expert. Le cœur, par exemple, peut être impacté, le système neurologique, certaines articulations».
Il conseille aux personnes de téléphoner au 8-1-1 afin d’être guidées dans les prochaines étapes à suivre. «Dans certains cas, certaines personnes pourraient être éligibles pour un antibiotique qui vise à prévenir les symptômes de l’infection. Donc, selon votre situation, les professionnels d’Info-Santé sauront vous orienter et au besoin, vous référer vers un professionnel de la santé pour évaluation.»
À l’approche des chaudes températures de l’été, la population n’est pas la seule qui doit être sensibilisée à la maladie de Lyme. Les professionnels de la santé aussi. La DRSP envoie au mois de juin «un appel à vigilance» à tous ses cliniciens pour qu’ils soient doublement attentifs par rapport à cette maladie et pour rappeler les lignes directrices provinciales pour la prise en charge de personnes qui ont été piquées, qu’elles soient symptomatiques ou non.

