Santé

Mieux former en soins palliatifs pour désengorger l'hôpital

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La massothérapeute Chantal Charlebois s’occupe d’un patient à la Maison Saint-Raphaël, un centre de soins palliatifs situé à Montréal, le vendredi 31 juillet 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE La massothérapeute Chantal Charlebois s’occupe d’un patient à la Maison Saint-Raphaël, un centre de soins palliatifs situé à Montréal, le vendredi 31 juillet 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

Des soins palliatifs plus précoces peuvent réduire les coûts dans le système de santé, plaide Pallium Canada. Il demande à Ottawa d’investir 300 millions $ sur 5 ans pour la mise en œuvre d’une norme nationale de formation en soins palliatifs pour les soins de longue durée.

Pallium Canada, un important fournisseur de formation en soins palliatifs pour les systèmes de santé au pays, fait valoir que former les travailleurs de la santé aux soins palliatifs peut contribuer à réduire les transferts évitables vers l’hôpital en plus d’améliorer la qualité des soins.

«Si les équipes de soins de longue durée peuvent reconnaître plus tôt les signes de déclin de l’état de santé, soulager les symptômes courants, mieux communiquer avec les résidents et les familles et savoir quand faire appel à des soins spécialisés, les résidents pourront recevoir des soins mieux adaptés dans leur milieu de vie», a déclaré en conférence de presse sur la colline du Parlement, lundi, le président-directeur général de Pallium Canada, Jeffrey Moat.

Il a rappelé que les soins palliatifs sont là pour aider les personnes atteintes d’une maladie grave à gérer leurs symptômes, à s’adapter à l’évolution de leurs besoins et à préserver leur qualité de vie. «Ces soins devraient être mis en place dès le début et accompagner d’autres traitements visant à guérir ou à contrôler la maladie», a-t-il précisé.

Derrière chaque proche aidant, il y a une histoire Il y a plusieurs années, Lucie Carignan a dû ajouter le rôle de proche aidante à celui de mère. Ce changement est survenu lorsque son fils Michael a reçu un diagnostic de la maladie de Strümpell-Lorrain, une affection génétique rare caractérisée par une raideur et une faiblesse des jambes. Aujourd'hui, Lucie choisit de marcher pour lui, mais aussi pour tous ceux et celles qui prennent soin d'un proche, chaque jour.

Dans une nouvelle synthèse des données probantes, Pallium Canada cite une étude populationnelle en Ontario, qui date de 2013, où l’on a estimé à 53 661 $ par personne les dépenses moyennes du système de santé au cours de la dernière année de vie. Les soins hospitaliers représentaient 43 % de ces coûts, ce qui souligne le bénéfice économique de réduire les hospitalisations évitables en fin de vie.

Selon les chiffres de 2024-2025 de l’Institut canadien d’information sur la santé, près de 8500 résidents d’établissements de soins de longue durée sont décédés à la suite d’un transfert à l’hôpital en l’espace d’une seule année, dont environ 1500 en l’espace de 24 heures. `On ne peut s’empêcher de se demander si plusieurs d’entre eux auraient pu bénéficier de soins plus adaptés dans le lieu qu’ils considéraient comme leur foyer’, a commenté en point de presse, le Dr Amit Arya, qui pratique en soins palliatifs à Toronto.

La création d’une norme nationale de formation en soins palliatifs permettrait un accès plus rapide à des soins palliatifs dans les établissements de soins de longue durée et pourrait réduire les transferts évitables vers les hôpitaux.

«En donnant aux personnes qui prennent déjà soin de certains des résidents ayant des besoins médicaux les plus complexes au Canada les compétences nécessaires pour intervenir plus tôt et plus efficacement, nous pouvons améliorer les soins offerts aux résidents et à leur famille tout en faisant un meilleur usage des ressources limitées de notre système de santé», a indiqué M. Moat.

L’investissement réclamé à Ottawa servirait à réserver du temps pour la formation du personnel et le remplacement des travailleurs en formation. Également, à avoir du mentorat continu, du soutien aux équipes de direction et de créer des méthodes de mesure et d’évaluation communes des résultats pour les résidents, les familles, les travailleurs et le système de santé. Les données seront utiles pour déterminer si l’investissement améliore les soins et réduit les transferts évitables vers les urgences, les hospitalisations et la durée des hospitalisations.

«Le Canada est confronté à deux défis qui sont trop souvent abordés séparément. Comment offrir de meilleurs soins à une population vieillissante dont les besoins en santé sont de plus en plus complexes. Et comment tirer une meilleure partie d’un système de santé déjà soumis à une pression énorme», soulève M. Moat.

Pallium Canada précise que la norme nationale permettrait tout de même aux provinces et aux territoires d’adapter sa mise en œuvre aux besoins locaux.

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste