Une nouvelle étude suggère que les vagues de chaleur pourraient contribuer à accélérer le vieillissement biologique, ce qui vient s’ajouter aux préoccupations croissantes concernant les répercussions des changements climatiques.
Les résultats, publiés en juillet dans la revue Cyborg and Bionic Systems, indiquent que l’exposition à des périodes de chaleur extrême est «significativement associée» à une détérioration des fonctions corporelles, ou à des «dommages physiologiques à long terme», chez les adultes d’âge moyen et les aînés.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Les chercheurs ont utilisé les données de l’étude longitudinale chinoise sur la santé et la retraite (China Health and Retirement Longitudinal Study), qui portait sur plus de 2 300 adultes d’âge moyen et aînés âgés d’au moins 45 ans, selon un communiqué de presse publié la semaine dernière.
L’étude a révélé une augmentation de cinq ans de l’âge biologique des participants sur une période de quatre ans. L’âge biologique moyen des participants est passé de 57,3 ans en 2011 à 62,3 ans en 2015. Les chercheurs ont noté que 58,8% d’entre eux présentaient une «accélération de l’âge biologique» au cours des suivis.
Jem Cheng, une physiologiste spécialisée dans la thermorégulation humaine qui n’a pas participé à l’étude, a expliqué mardi à CTVNews.ca lors d’une entrevue vidéo que le vieillissement biologique correspond à «la santé et le fonctionnement de nos cellules, de nos systèmes corporels et de nos systèmes organiques», tandis que le vieillissement chronologique correspond au nombre d’années d’existence d’un individu.
Selon elle, il est «préoccupant» de constater des preuves suggérant que la chaleur extrême n’a pas seulement des répercussions immédiates, comme les maladies liées à la chaleur, les hospitalisations et même les décès.
«Il s’agit peut-être de l’une des premières preuves […] suggérant que l’exposition à la chaleur extrême a des effets à long terme sur les personnes», a souligné Mme Cheng, professeure adjointe au campus d’Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique.
«En réalité, l’importance de cette étude réside dans le fait qu’elle démontre […] que l’exposition à une vague de chaleur provoque un vieillissement au sein des systèmes organiques et physiologiques de notre corps, et que ce processus de vieillissement peut être accéléré, même après la fin d’une vague de chaleur», a-t-elle ajouté.
L’impact des changements climatiques
Dengyong Xu, l’un des auteurs de l’étude et chercheur à l’Université du Zhejiang en Chine, a affirmé que l’étude du lien entre l’exposition aux vagues de chaleur et le vieillissement biologique pourrait aider à élaborer des stratégies pour lutter contre les changements climatiques et à identifier les personnes qui pourraient être les plus «vulnérables» aux effets des changements à long terme des conditions météorologiques et des températures.
Les chercheurs ont toutefois précisé que cette étude est «observationnelle et ne permet pas d’établir un lien de causalité direct».
«Cependant, on ignore encore si l’exposition répétée aux vagues de chaleur accélère le vieillissement biologique systémique, et quels mécanismes biologiques pourraient sous-tendre cette association», a rapporté M. Xu dans le communiqué de presse.
M. Xu a indiqué que le «stress thermique» pourrait perturber le métabolisme, les fonctions organiques et les réponses inflammatoires.
Les effets des vagues de chaleur étaient plus marqués chez les personnes présentant un «indice de masse corporelle plus élevé», les résidents urbains et les personnes vivant dans des régions du sud ou subtropicales, ce qui indique que «l’état métabolique et le milieu de vie déterminent conjointement la vulnérabilité à l’exposition à la chaleur», a-t-on précisé dans le communiqué de presse.
