Santé

L'ex-ministre Christian Dubé déplore le démantèlement possible de Santé Québec

Publié le 

Christian Dubé, alors ministre de la Santé du Québec, dépose un projet de loi à l'Assemblée nationale du Québec, le vendredi 12 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Christian Dubé, alors ministre de la Santé du Québec, dépose un projet de loi à l'Assemblée nationale du Québec, le vendredi 12 décembre 2025. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Alors que le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) promettent d’abolir Santé Québec, le père de cette réforme, l’ex-ministre de la Santé Christian Dubé, a pris la plume pour défendre l’agence gouvernementale créée en 2024.

«C’est la dernière chose dont le réseau de la santé a besoin», a tranché l’ancien ministre de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans une lettre ouverte publiée mercredi dans «La Presse».

M. Dubé a reconnu que Santé Québec «ne fonctionne pas de façon irréprochable», mais selon lui, il est normal qu’une telle réforme cause des «irritants».

Il plaide que le PQ et le PCQ n’offrent pas de «solution», mais bien «un pari et surtout une distraction».

«Si le Parti québécois, ou toute autre formation, veut faire de Santé Québec un enjeu électoral, qu’il le fasse sérieusement: en proposant une analyse rigoureuse avec des mécanismes précis de reddition de comptes, plutôt qu’un retour à la case départ», souligne-t-il.

Le Parti québécois, qui caracole toujours en tête des sondages, s’est engagé à démanteler l’agence, afin de réduire la bureaucratie et décentraliser le réseau. Il estime que Santé Québec a «échoué à répondre à ses attentes». Le Parti conservateur du Québec, qui vise à détenir la balance du pouvoir en situation de gouvernement minoritaire, veut aller aussi en ce sens.

Le Parti libéral du Québec et Québec solidaire s’opposent à son abolition, tout comme le Collège des médecins du Québec (CMQ). Le président du CMQ, le Dr Mauril Gaudreault, a dit à Radio-Canada que l’élimination de l’agence ne serait pas «socialement responsable».

«Interrompre une transformation»

Dans sa lettre, l’ex-ministre Dubé a fait valoir que Santé Québec, «ne peut produire ses pleins effets à l’intérieur d’un seul cycle politique de quatre ans».

«La démanteler maintenant, avant même qu’elle ait eu le temps de porter pleinement ses fruits, reviendrait à interrompre une transformation au moment précis où elle commence à livrer des résultats», a-t-il soutenu.

Selon lui, le prochain gouvernement devrait plutôt développer un mécanisme de reddition de comptes.

«Là où la critique du Parti québécois est pertinente, c’est sur l’imputabilité entre le ministre, le Ministère et Santé Québec, dont les établissements font partie intégrante», a-t-il affirmé.

«Mais la réponse à ce problème n’est pas de recréer la confusion d’avant 2022 en ramenant tout sous un même chapeau. Il s’agit de préciser, noir sur blanc, qui répond de quoi.»

L’ex-ministre conclut en disant que les Québécois «veulent un meilleur système de santé, pas une autre réforme».

Les réformes Dubé

Christian Dubé a été ministre de la Santé de 2022 à 2025. C’est lui qui a piloté l’importante réforme menant à la création de Santé Québec. Il avait aussi géré le controversé projet de loi sur la rémunération des médecins.

M. Dubé avait finalement annoncé sa démission en décembre dernier, dans la foulée d’une entente de principe entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec et le gouvernement Legault, qui abandonnait des pans entiers de sa réforme sur la rémunération.

Il avait démissionné de son poste de ministre et avait claqué la porte du caucus de la CAQ. Il a terminé son mandat en tant que député indépendant et ne se représente pas aux élections d’octobre.