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Les urgences débordent et ça risque d’empirer, prévient Santé Québec

Lundi matin, le taux d’occupation sur civière pour l’ensemble de la province s’élevait à 128 %.

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Une affiche indiquant le service des urgences est visible dans un hôpital de Montréal, le dimanche 3 janvier 2021. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Une affiche indiquant le service des urgences est visible dans un hôpital de Montréal, le dimanche 3 janvier 2021. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes (Graham Hughes)

Les urgences débordent de nouveau, mais certaines régions s’en tirent mieux que d’autres. Lundi après-midi, le taux d’occupation sur civière pour l’ensemble de la province s’élevait à 137 % et Santé Québec s’attend à une augmentation dans les prochains jours, entre autres en raison du pic de l’influenza qui est sur le point d’être atteint.

Parmi les régions où la situation est la plus critique, il y a les Laurentides avec un taux d’occupation de 176 %; Laval avec un taux de 176 %; et l’Outaouais avec une occupation de 171 % aux urgences.

La région de Montréal, qui est habituellement l’une des plus achalandées, avait un taux d’occupation de 144 %.

«C’est sûr qu’aujourd’hui, avec la température extérieure, on a beaucoup de chutes, beaucoup d’appels à nos services préhospitaliers d’urgence, notamment avec Urgences-Santé dans la région de Montréal-Laval. On est en train de regarder tous ensemble pour voir comment on peut faire face à cette situation», a commenté en entrevue Véronique Wilson, directrice générale Coordination, accès, services intégrés d’urgence et de première ligne à Santé Québec.

«C’est une situation qui arrive pendant la saison hivernale, la saison de la grippe également. On s’est préparé pour faire face à cette situation, mais ça explique que nos taux sont plus élevés qu’en général pour les urgences, mais on est sous contrôle actuellement», ajoute-t-elle.

Plusieurs régions étaient peu occupées lundi matin, mais la situation s’est détériorée au cours de la journée. En après-midi, seuls l’Abitibi-Témiscamingue (65 %), le Bas-Saint-Laurent (92 %) et le Saguenay-Lac-Saint-Jean (83 %) étaient sous la barre du taux d’occupation de 100 %.

En raison des rassemblements durant les Fêtes qui sont propices à la transmission de virus respiratoires, Santé Québec anticipe une hausse de l’achalandage dans les urgences. «On croit que ça va aller en augmentant au cours des prochains jours, en espérant qu’on arrive bientôt au pic de l’influenza, puis que ça va redescendre par la suite», mentionne Mme Wilson.

Longue attente dans les urgences

Les patients qui se présentent aux urgences doivent s’armer de patience. Selon Index Santé, dimanche, la durée moyenne dans la salle d’attente était de plus de 5 heures et la durée moyenne de séjour des personnes en attente sur une civière était de 17 heures.

Si l’on prend la moyenne des sept derniers jours, la durée de séjour sur civière pour le Grand Montréal dépassait les 19 heures et elle était de plus de 16 heures pour l’ensemble de la province, selon Santé Québec.

«On a une légère augmentation par rapport à la même période l’année passée pour notre durée moyenne sur civière, ce qui s’explique par le pic de grippe. Si on regarde par rapport au pic de grippe de l’année passée, on est sous la durée moyenne de séjour qu’on avait à ce moment-là», précise Mme Wilson.

Santé Québec mise beaucoup sur la ligne téléphonique Info-Santé 8-1-1 pour désengorger les urgences. Cela semble fonctionner puisqu’il y a plus d’appels cette année qu’à la même période l’an dernier. Il y a présentement environ 7400 appels par jour au 8-1-1 comparativement à 6200 l’année dernière.

«On a de bons résultats aussi à ce niveau pour ce qui est des orientations. Donc 37 % des personnes qui vont appeler au 8-1-1, ça va se régler par des conseils d’autosoin à la maison. On a 30 % qui sont dirigés vers des cliniques médicales, puis on a seulement un appel sur six des personnes qui appellent à l’Info-Santé qui vont être dirigées vers nos urgences. Donc, ça vaut vraiment la peine d’appeler Info-Santé si on a des inquiétudes par rapport à sa santé pour être bien dirigé et éviter l’urgence lorsque c’est possible», indique Mme Wilson.

Selon les chiffres de Santé Québec, il y a présentement environ 1 h 32 d’attente sur la ligne téléphonique 8-1-1 dédiée aux symptômes de grippe et de gastro. L’attente est similaire pour les besoins pédiatriques (1 h 28 minutes) et elle atteint 2 h 30 pour la ligne générale du 8-1-1. Il est possible de laisser son numéro de téléphone afin qu’un professionnel de la santé nous rappelle lorsque la ligne sera libérée tout en gardant notre priorité d’appel.

Mme Wilson explique qu’il y a aussi un service pour réorienter les gens vers le bon service lors des périodes particulièrement achalandées dans les urgences. Ainsi, une personne qui appelle au 9-1-1 et qui n’a pas besoin de soins immédiats pourrait être réorientée par les ambulanciers paramédicaux vers une clinique.

La même chose peut se produire dans les salles d’urgence lors des périodes de pointe. «Lorsque les taux d’occupation sont élevés, il y a de la réorientation systématique qui peut être faite. Donc, une personne qui va se présenter à l’urgence, mais qui ne nécessite pas le plateau technique qui est offert dans une urgence, des rendez-vous vont lui être offerts dans des cliniques médicales», indique Mme Wilson.

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste