Santé

Les médecins mettent en garde contre les maladies évitables par la vaccination

«La volonté de se faire vacciner s’est certainement détériorée.»

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Mexico Measles Vaccine Un professionnel de la santé administre une dose de vaccin contre la rougeole devant un hôpital public de Mexico, le mercredi 4 février 2026. (Marco Ugarte/AP)

Les hospitalisations pour des maladies respiratoires évitables par la vaccination, comme la grippe, le VRS et la COVID-19, exercent une pression croissante sur le système de santé canadien, selon un spécialiste en médecine interne de l’Hôpital St. Michael’s de Toronto.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

Lors d’une intervention dans l’émission CTV Your Morning, le Dr Fahad Razak a indiqué que les admissions à l’hôpital pour des maladies respiratoires évitables par la vaccination avaient plus que doublé en 2024 par rapport aux niveaux d’avant la pandémie.

«Pour 100 000 Canadiens, on a dénombré 142 hospitalisations pour des maladies respiratoires évitables par la vaccination en 2024», a indiqué l’animatrice Anne-Marie Mediwake au cours de l’entrevue. «Avant la pandémie, ce chiffre était de 66.»

Un taux d’hospitalisation qui a doublé

Le Dr Razak a expliqué qu’un des facteurs à l’origine de cette augmentation est l’ajout de la COVID-19 aux infections saisonnières que sont la grippe et le VRS.

«Nous constatons que le nombre de personnes hospitalisées chaque année a plus que doublé», a-t-il dit.

«Cela s’explique en partie par l’apparition d’un nouveau virus: alors qu’auparavant nous avions deux virus saisonniers, le VRS et la grippe, nous devons désormais composer avec la COVID-19 également.»

—  Dr Fahad Razak, spécialiste en médecine interne à l’Hôpital St. Michael’s de Toronto

M. Razak a ajouté que ces trois maladies sont «essentiellement évitables par la vaccination en ce qui concerne les formes graves».

«Donc, si vous vous faites vacciner, vous pouvez quand même tomber malade, mais le fait est que la maladie ne sera pas suffisamment grave pour vous envoyer à l’hôpital », a-t-il déclaré. « Malheureusement, bon nombre de ces personnes qui finissent à l’hôpital ne sont pas vaccinées, et je pense que c’est là que réside le gros problème. »

La réticence à la vaccination et la désinformation à l’origine du déclin

M. Razak a affirmé que la volonté des Canadiens de se faire vacciner a diminué depuis la pandémie.

«La volonté de se faire vacciner s’est certainement détériorée», a-t-il soutenu.

«Il y a de la désinformation qui circule largement. Je pense qu’il y a une méfiance croissante envers les vaccins en général en tant que stratégie préventive importante.»

Dr Razak a souligné que la réticence à la vaccination est un phénomène que les médecins observent de plus en plus en milieu clinique.

«On observe une réticence croissante chez certains Canadiens », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas seulement le cas des Canadiens, c’est un phénomène mondial autour de la vaccination.»

Il a ajouté que les gouvernements, les médecins et les organismes de santé publique doivent travailler ensemble pour lutter contre la désinformation et améliorer l’accès aux vaccins.

«L’une des choses les plus tragiques que je constate, c’est d’admettre un patient dont je sais qu’il aurait pu bénéficier de la vaccination», a déclaré le Dr Razak.

Les hôpitaux subissent une pression à l’échelle du système

M. Razak a indiqué que l’augmentation des maladies respiratoires affecte les hôpitaux au-delà des seuls soins liés aux maladies infectieuses.

«Les gens ont souvent une vision étroite du vaccin et de l’infection. N’oubliez pas que les hôpitaux sont là pour tous vos soins », a-t-il déclaré. « Lorsque vous avez cet énorme nombre de patients qui arrivent chaque automne et chaque hiver pour la grippe, le VRS et, malheureusement, la COVID-19… cela signifie que cela met le système sous pression.»

Il a ajouté que la capacité hospitalière relativement faible du Canada rend les pics de patients particulièrement difficiles à gérer.

«Quand on a cet afflux de patients, tout ralentit», a-t-il expliqué. «L’accès aux tomodensitométries ou aux radiographies. L’accès à l’approvisionnement en médicaments, le nombre d’infirmières qui s’occupent des patients, tout est affecté.»

Archie Niari

Archie Niari

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Journalist, CTVNews.ca