Une étude menée à l’échelle nationale, qui a débuté en 2014, a mis en lumière un nouveau lien possible entre les lésions cérébrales et les aliments ultra-transformés.
«Les croustilles, les céréales sucrées pour le déjeuner, les yogourts sucrés hautement transformés et certains plats surgelés» ne sont que quelques-uns des produits qui relèvent de la catégorie des aliments ultra-transformés, selon Russell De Souza, professeur en recherche en santé à l’Université McMaster et diététiste agréé.
Ce texte est un traduction d’un article de CTV News.
Plus de 8700 Canadiens d’âge moyen ont pris part à cette étude lancée il y a plus d’une décennie. Parmi les participants figuraient à la fois des personnes qui consomment très peu d’aliments transformés et d’autres qui en consomment fréquemment. Une IRM a été réalisée chez chaque participant.
Les résultats, publiés jeudi dans le Journal of the American Medical Association, ont révélé que les personnes dont près de la moitié de l’alimentation quotidienne est composée d’aliments ultra-transformés semblent présenter un risque accru de plus de 40% de subir une «lésion cérébrale vasculaire».
«Parmi ces lésions cérébrales, nous avons constaté une combinaison d’AVC silencieux — c’est-à-dire lorsque la personne ne se rend pas compte qu’elle a subi un AVC — et d’un profil pré-AVC chez certains participants dont l’alimentation quotidienne est composée à plus de 45 % d’aliments transformés», a expliqué la Dre Sonia Anand, auteure principale de l’étude et professeure de médecine à l’Université McMaster.
On estime également que les lésions cérébrales mises au jour au cours de l’étude pourraient mener à la démence. Mme Anand estime qu’il existe un lien direct entre les aliments ultra-transformés et les lésions cérébrales découvertes dans les résultats d’IRM de l’étude.
«Nous avons observé un effet indépendant des aliments ultra-transformés sur les lésions cérébrales visibles sur les images d’IRM», précise la Dre Anand.
Certaines des images cérébrales obtenues par IRM chez les personnes qui consommaient trop d’aliments transformés seraient des signes avant-coureurs d’un futur accident vasculaire cérébral ou d’une perte de mémoire due à la démence.
Les participants à l’étude qui consommaient le plus d’aliments ultra-transformés présentaient également davantage de graisse corporelle et de graisse abdominale profonde que ceux qui en consommaient moins.
Le coût financier d’une alimentation saine
En 2025, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC a publié sa propre étude qui a révélé que près de la moitié de tous les aliments consommés chaque jour par le Canadien moyen sont ultra-transformés.
Le professeur Russell De Souza, coauteur de l’article, reconnaît qu’avec l’inflation alimentaire, se permettre des repas sains à base d’aliments entiers est hors de portée pour certaines personnes et familles.
«Tout le monde a du mal à joindre les deux bouts et, en réalité, ce que nous essayons de faire, c’est d’encourager les gens à manger à la maison autant que possible, à acheter local et à profiter des aubaines proposées au supermarché», a-t-il avancé.
La Dre Sonia Anand estime que cette étude, à laquelle ont participé 16 chercheurs et médecins, s’inscrit dans le cadre d’une analyse plus large et importante de la santé globale de la population canadienne.
«Il est vraiment important que nous examinions les facteurs démographiques qui influencent l’incidence des maladies au sein de notre population, et l’alimentation en est un facteur clé», a-t-elle dit.
Bien que les résultats suggèrent un lien entre la consommation d’aliments ultra-transformés et des signes de lésions cérébrales, les travaux se poursuivent afin de déterminer s’il existe un lien direct entre ces aliments et les modifications cérébrales observées sur certaines images d’IRM.
Une suite de cette étude est actuellement en cours. Certaines des personnes qui se sont portées volontaires il y a six ou huit ans reviennent aujourd’hui pour passer une autre IRM, afin que les chercheurs puissent suivre leurs résultats sur une période prolongée et les comparer à leurs habitudes alimentaires. Ces résultats devraient être rendus publics au début de l’année 2028.

