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Les conflits et le choc énergétique risquent d’aggraver les famines, prévient l’ONU

«Chaque fois qu’il y a un conflit, la faim, les déplacements de population et le nombre de réfugiés augmentent également.»

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Martha Waema se tient debout dans sa ferme, inondée après plusieurs semaines de pluies à Machakos, au Kenya, le 8 mai 2024. Photo AP Martha Waema se tient debout dans sa ferme, inondée après plusieurs semaines de pluies à Machakos, au Kenya, le 8 mai 2024. Photo AP (Andrew Kasuku)

Les conflits et les perturbations sur les marchés énergétiques mondiaux pourraient plonger des millions de personnes supplémentaires dans la faim en faisant grimper les prix des carburants, des engrais et des denrées alimentaires, a averti le directeur du Fonds international de développement agricole (FIDA), installé à Rome, alors qu’un nouveau rapport des Nations unies montre que les progrès mondiaux dans la lutte contre la faim demeurent fragiles.

Le rapport des Nations unies sur la sécurité alimentaire, publié mardi, constate que la faim dans le monde a légèrement reculé ces dernières années, mais prévoit que plus de 500 millions de personnes pourraient encore souffrir de faim chronique d’ici 2030. L’Afrique devrait supporter la plus grande part de ce fardeau.

Dans un entretien accordé à l’Associated Press le 10 juillet, le président du FIDA, Alvaro Lario, a prévenu que les tensions géopolitiques et les perturbations potentielles du transport maritime et de l’approvisionnement énergétique, notamment l’incertitude entourant le détroit d’Ormuz pendant la guerre en Iran, pourraient plonger 9 à 18 millions de personnes supplémentaires dans la faim si elles perdurent.

«Nous vivons actuellement une époque où le nombre de conflits est à son plus haut niveau et continue d’augmenter», a affirmé M. Lario. «Chaque fois qu’il y a un conflit, la faim, les déplacements de population et le nombre de réfugiés augmentent également.»

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Les conflits aggravent l’insécurité alimentaire

Les conflits restent l’un des principaux obstacles à la réduction de la faim dans le monde, a ajouté M. Lario.

Les guerres et les tensions géopolitiques peuvent perturber le transport maritime, l’approvisionnement énergétique et les intrants agricoles, ce qui augmente les coûts dans des systèmes alimentaires déjà mis à rude épreuve par l’inflation. M. Lario a souligné que la faim et les conflits s’alimentent souvent mutuellement, créant un cercle vicieux difficile à briser sans une plus grande stabilité.

La hausse des prix de l’énergie affecte déjà les engrais et la production agricole, a-t-il affirmé. L’impact est particulièrement important pour les petits agriculteurs, dont beaucoup dépendent du gazole pour pomper l’eau, récolter leurs cultures et transporter leurs produits vers les marchés.

La hausse des coûts du carburant augmente les dépenses de production et peut se répercuter directement sur les prix des denrées alimentaires.

Les chocs climatiques accentuent la pression

Le nouveau rapport identifie le coût de la vie comme l’un des plus grands défis mondiaux en matière de sécurité alimentaire. Alors que la production alimentaire continue de croître, environ un tiers de la population mondiale n’a toujours pas les moyens de s’offrir une alimentation saine. Dans les pays à faibles revenus, ce chiffre s’élève à environ 77 %, selon M. Lario.

«Le plus grand défi n’est plus simplement de produire suffisamment de nourriture, mais de rendre les régimes alimentaires sains abordables», a-t-il déclaré.

Le changement climatique exerce une pression supplémentaire sur les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance en milieu rural.

M. Lario a souligné que les inondations, les sécheresses prolongées et les vagues de chaleur extrême perturbent de plus en plus l’agriculture à travers le monde et sont devenues une réalité courante pour de nombreuses communautés.

Les gouvernements devraient se concentrer sur la résilience et l’adaptation avant que les catastrophes ne surviennent, plutôt que de compter uniquement sur des interventions d’urgence après coup, a-t-il affirmé.

«Cela est en train de devenir la nouvelle norme, a indiqué M. Lario. Nous assistons à des inondations dans de nombreux pays. Nous continuons d’observer des sécheresses qui s’étendent depuis quatre ou cinq ans.»

Le Fonds accroît ses investissements dans des programmes d’adaptation au changement climatique visant à aider les communautés rurales à résister aux inondations, aux sécheresses et aux vagues de chaleur extrême, a-t-il précisé. Il a ajouté qu’un soutien était urgemment nécessaire pour les millions de petits agriculteurs qui produisent une grande partie de la nourriture dans le monde.

L’Afrique apparaît comme l’épicentre

Le rapport met en avant l’Afrique comme la zone où l’aide est la plus pressante en matière de sécurité alimentaire. Pour la première fois, le continent a dépassé l’Asie en tant que région comptant le plus grand nombre de personnes souffrant de la faim, et près de 60 % des personnes souffrant de malnutrition chronique dans le monde pourraient y vivre d’ici 2030.

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M. Lario a attribué cette évolution en partie à la croissance démographique rapide et à des progrès économiques lents en comparaison à certaines régions d’Asie, et il a appelé à davantage d’investissements dans l’agriculture, les infrastructures et les systèmes alimentaires.

Les pays africains importent actuellement près de 100 milliards $ de denrées alimentaires chaque année, a-t-il précisé, soulignant la nécessité de renforcer la production locale, le stockage, la distribution et les réseaux commerciaux régionaux.

Les conflits, les perturbations sur les marchés de l’énergie et les phénomènes climatiques extrêmes menacent de compromettre ces progrès, à moins que les gouvernements n’investissent dans des systèmes alimentaires plus résilients, a déclaré M. Lario.