L’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) «continue de prendre le pas sur les efforts de lutte», a signalé mardi le responsable des urgences de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à son retour d’un déplacement à Bunia, dans la province d’Ituri, l’une des zones les plus touchées.
«Le constat le plus alarmant est peut-être que bon nombre des décès récemment signalés concernent des personnes qui sont décédées au sein de leur communauté sans jamais avoir pu se rendre dans un établissement de santé ni recevoir de soins», a soutenu Chikwe Ihekweazu.
«Et à ce jour, 80 % des nouveaux cas ne figurent pas sur nos listes de contacts et proviennent donc de chaînes de transmission inconnues.»
La RDC lutte depuis mai contre une épidémie d’une souche rare du virus Ebola, pour laquelle il n’existe ni traitement ni vaccin approuvé. Le Centre africain de contrôle des maladies a affirmé la semaine dernière qu’il s’agissait de l’épidémie d’Ebola qui se propage le plus rapidement sur le continent.
Lundi, au moins 1926 personnes avaient été infectées et 702 étaient décédées dans trois provinces du pays à cause du virus Bundibugyo, ont indiqué les autorités de la RDC. Des cas ont également été confirmés en Ouganda voisin.
La semaine dernière, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont indiqué qu’un citoyen américain travaillant pour une organisation humanitaire en RDC avait été déclaré positif au virus Ebola, sans fournir plus de détails.
M. Ihekweazu a raconté aux journalistes à Genève que sa visite à Bunia avait été «assez encourageante à bien des égards, mais aussi profondément préoccupante à bien des égards».
La capacité d’accueil à Bunia avoisine désormais les 800 lits, un chiffre qui augmente chaque semaine, et le nombre de laboratoires est passé d’un à quatorze, tandis que des progrès ont également été enregistrés sur d’autres fronts.
M. Ihekweazu a souligné que, malgré «tous nos efforts (…) nous n’avons pas rattrapé notre retard».
La riposte a été entravée par un déficit de financement, des attaques contre des centres de santé et un conflit en cours dans l’est du pays, ainsi que par la méfiance des communautés locales.
Lundi, des dizaines de personnes travaillant dans un centre de traitement du virus Ebola dans le nord-est du pays se sont mises en grève pour protester contre le non-paiement de leurs salaires et primes.
Les autorités de la République démocratique du Congo ont déclaré une nouvelle épidémie d’Ebola le 15 mai, après que la maladie se soit propagée pendant des semaines sans avoir été détectée officiellement, selon l’OMS.
Les essais cliniques pour la mise au point d’un traitement ont débuté la semaine dernière, après que des chercheurs ont lancé une étude très attendue dans l’espoir de lutter contre le virus.
