Santé

Le nombre de morts des suites de l'Ebola dépasse les 1500 en RDC

Actuellement, 797 patients sont isolés ou hospitalisés, tandis que 615 autres sont guéris, selon les données.

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Des travailleurs de santé désinfectent une ambulance au centre de traitement de l'Ebola de l'hôpital général de Bunia, en République démocratique du Congo, le mercredi 22 juillet 2026. Photo AP Des travailleurs de santé désinfectent une ambulance au centre de traitement de l'Ebola de l'hôpital général de Bunia, en République démocratique du Congo, le mercredi 22 juillet 2026. Photo AP (Dirole Lotsima Dieudonne)

L’épidémie d’Ebola qui connaît la progression la plus rapide de l’histoire a fait plus de 1500 morts dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon les données officielles publiées jeudi. Cela représente une hausse de 50 % en l’espace d’une semaine environ, ce qui démontre que l’épidémie continue de prendre le pas sur les efforts de lutte. 

Le dernier bilan du gouvernement de la RDC indique qu’en date de mardi, 3442 cas avaient été recensés dans le cadre de cette dernière épidémie, et que 1521 personnes étaient décédées. 

Cette épidémie d’Ebola, déclarée le 15 mai, se distingue de la plupart des précédentes, car le virus Bundibugyo, responsable de celle-ci, ne fait l’objet d’aucun vaccin ni traitement approuvé.

Actuellement, 797 patients sont isolés ou hospitalisés, tandis que 615 autres sont guéris, selon les données.

Le traçage des contacts demeure toutefois insuffisant: seulement 78 % environ des contacts connus sont suivis à l’échelle nationale, bien en deçà de l’objectif de 95 % fixé par les autorités sanitaires comme étant nécessaire pour interrompre la transmission.

L’épidémie est principalement concentrée dans la province reculée d’Ituri, à l’est de la RDC, qui représente près de 90 % des cas. D’autres cas ont été confirmés dans cinq provinces, dont à Kisangani, l’une des plus grandes villes du pays.

L’Ouganda voisin s’est déclaré exempt d’Ebola mardi, après la sortie de l’hôpital du dernier patient à la mi-juin.

Risque faible de propagation mondiale

Le virus Ebola est rare, mais très contagieux et peut se transmettre par les fluides corporels tels que les vomissements, le sang ou le sperme. La maladie qu’il provoque est grave et souvent mortelle.

Cette épidémie a fait plus de victimes à un rythme plus rapide que n’importe quelle épidémie précédente, y compris celle de 2014-2016, considérée comme la pire jamais enregistrée avec plus de 11 000 décès sur au moins 28 000 cas. Cette épidémie avait mis environ huit mois à atteindre le seuil des 1000 décès.

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L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique que le risque de propagation mondiale demeure faible, car Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels, et non par voie aérienne, ce qui le rend beaucoup plus difficile à propager que les virus respiratoires. Les cas détectés en dehors de la région touchée ont jusqu’à présent été rapidement identifiés et contenus, sans entraîner de transmission durable, a précisé l’OMS.

En République démocratique du Congo, cependant, le risque de propagation reste «très élevé», selon l’OMS.

Des attaques perturbent la lutte 

La rapidité de la transmission de l’épidémie actuelle suscite l’inquiétude, car de nombreuses communautés des provinces touchées sont inaccessibles ou ont été abandonnées par les équipes d’intervention ces derniers jours, en raison de problèmes de sécurité liés aux attaques de résidants en colère et de rebelles.

La désinformation affirmant que le virus mortel n’existe pas et la restriction des funérailles traditionnelles pour limiter la propagation de l’épidémie ont suscité la colère de certains habitants et ont conduit à des attaques contre des infrastructures de santé.

Les partenaires internationaux soutenant la riposte à Ebola dans la zone de santé de Nyakunde, dans la province d’Ituri, se sont temporairement retirés après une attaque, le 15 juillet, contre un hôpital et un centre de traitement, déclenchée par le décès d’un patient.

Selon les autorités, le retrait des organisations humanitaires, notamment les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies et Mercy Corps, a perturbé la surveillance, le traçage des contacts et l’acheminement des fournitures.

Le docteur Désiré Duabo, médecin-chef de la zone sanitaire, a indiqué que les partenaires avaient fourni la majeure partie des fournitures, du matériel et du soutien opérationnel, mais a averti que les faibles stocks restants étaient «presque épuisés».

Des attaques comme celle de Nyakunde sèment l’anxiété parmi le personnel de santé et compliquent leur travail, a expliqué Pierre Akilimali, responsable de la gestion de crise Ebola à l’Institut national de santé publique de la République démocratique du Congo.

«Ils travaillent dans un contexte de risques d’infection et de mise en danger de leur propre sécurité», a-t-il ajouté.

Les responsables sanitaires locaux indiquent que la situation sécuritaire s’est depuis stabilisée et exhortent les partenaires à revenir. Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies précisent que des équipes pourraient être redéployées dès la semaine prochaine.