Santé

Le gouvernement Fréchette investit 22 millions $ dans le soutien à domicile

Le gouvernement estime que son investissement permettra à des «milliers de Québécois de plus» d’avoir accès à de l’aide pour le ménage et pour les repas, notamment.

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Christine Fréchette La première ministre Christine Fréchette lors de l'annonce d'un investissement provincial en soins à domicile à Châteauguay. (CTV News)

MERCIER — La première ministre Christine Fréchette a concrétisé une promesse de sa campagne à la chefferie en annonçant, vendredi, un investissement de 22 millions $ pour ajouter un million d'heures de soutien à domicile.

«Je pense que tout un chacun ici présent, on souhaite demeurer le plus possible dans sa résidence, dans son milieu de vie habituel et avec des heures de soutien à domicile additionnel, on vous donne encore plus la possibilité de rester dans votre résidence et de rester dans votre entourage, dans votre région», a-t-elle déclaré devant un auditoire très réceptif d'aînés.

Mme Fréchette se trouvait dans une résidence pour personnes âgées, à Mercier, en Montérégie, en compagnie de la ministre de la Santé et responsable des aînés, Sonia Bélanger.

Il s'agit en fait d'un accroissement du budget de l'Allocation d'autonomie à domicile destinée à aider les aînés pour le ménage, la confection de repas, l'habillage ou l'hygiène corporelle, comme des bains.

Vieillir dignement chez soi

«On doit vous permettre en fait de vieillir dignement, de vieillir dans le confort de votre maison. C'est ce qu'on rend possible encore plus aujourd'hui. On doit vous permettre de rester chez vous le plus longtemps possible», a fait valoir la première ministre.

«Nos aînés, vous avez bâti le Québec moderne, alors on vous doit énormément», a-t-elle ajouté devant cet auditoire plus que réceptif.

Mme Fréchette a précisé que cette mesure vient aussi soulager les proches aidants et même le réseau de la santé. «Il y a une pression importante sur le réseau de la santé du fait qu'on a une population qui vieillit. En fait d'ici 2031, on estime qu'un Québécois sur quatre va avoir plus de 65 ans, des gens qui risquent d'avoir besoin de ces soins, de ce soutien. (...) En gardant les gens plus longtemps dans leur domicile, on vient réduire la pression sur le réseau de la santé en plus d'améliorer la qualité de vie des gens.»

Maintenir l'économie sociale

Sonia Bélanger, de son côté, a tenu à préciser que le montant annoncé sera récurrent. «Ce n'était pas juste pour une fois, pour cette année. C'est vraiment un engagement fort de la première ministre, de dire on fait un véritable changement en soutien à domicile.»

Elle a ajouté que «le soutien à domicile doit continuer de se développer, 7 jours sur 7. J'ai le goût de vous dire, de plus en plus, avec des services de soir et peut-être même de nuit dans certaines situations.»

Elle a également indiqué que Santé Québec est à établir des normes afin de maintenir l'implication d'entreprises d'économie sociale, «des entreprises sans but lucratif, gérées par des conseils d'administration. Ce sont des mouvements citoyens, il faut encourager ça dans le contexte du vieillissement de la population. Ce sont des organismes que le gouvernement subventionne pour que ça coûte moins cher.»

Parallèlement, a-t-elle souligné, «il y a aussi les entreprises privées, des gens qui veulent se payer des services privés. On n'empêchera pas ça, bien sûr, mais notre objectif comme gouvernement, c'est de s'assurer d'aider les personnes le plus possible avec des services publics qui sont performants.»

Québec estime que cet investissement permettra à des «milliers de Québécois de plus» d'avoir accès à de l'aide à domicile, mais ni la première ministre, ni la ministre de la Santé n'ont été en mesure d'en chiffrer l'impact sur les listes d'attente.

Le gouvernement soutient que le nombre de personnes en attente d'un premier service est passé depuis trois ans de 20 000 à moins de 13 000.

Campagne électorale bien amorcée

Christine Fréchette a par ailleurs réitéré son intention de se représenter dans la circonscription de Sanguinet, où elle affrontera notamment l'ex-député bloquiste Alain Therrien, qui se présentera sous la bannière du Parti québécois.

Interrogée sur les critiques émises par son futur adversaire, elle a répliqué que celui-ci «essaie de commencer la campagne électorale dès sa nomination comme candidat».

Or, la première ministre a elle-même fait cette annonce à un jet de pierre de sa circonscription et il serait difficile de ne pas voir des visées électorales dans la frénésie de ses propres activités depuis son entrée en fonction comme première ministre.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne