Santé

Le CUSM suspend les rendez-vous par téléphone pour les analyses de sang et autres consultations

«L’objectif principal est de réduire les délais globaux d’accès aux soins.»

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L'entrée principale du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) à Montréal, le 7 novembre 2014. L'entrée principale du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) à Montréal, le 7 novembre 2014. (Ryan Remiorz | La Presse canadienne)

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) annonce la suppression de sa ligne téléphonique Clic Santé dans le cadre d’une «initiative plus large» visant à améliorer l’accès aux rendez-vous.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«En raison de la forte demande de rendez-vous au centre de dépistage, les utilisateurs devaient parfois patienter au téléphone sans aucune garantie d’obtenir un rendez-vous», a-t-on expliqué.

À compter du vendredi 1er mai, les patients souhaitant prendre rendez-vous seront invités à le faire en ligne sur le portail de Clic Santé.

Le CUSM reconnaît que le passage à une plateforme numérique pourrait s’avérer difficile pour certains patients, en particulier les personnes âgées qui se sentent «plus à l’aise au téléphone».

«Pour soutenir ces personnes, des mesures alternatives sont en place, notamment une collaboration avec les cliniques ambulatoires pour aider ces patients», précise-t-on au CUSM, «[ainsi que] la gestion des suivis à long terme, l’orientation des patients vers des services proches de leur domicile, tels que les centres locaux de services communautaires et les points de service locaux, le soutien des membres de la famille et la disponibilité continue de différentes options de rendez-vous adaptées aux besoins cliniques des patients.»

On note que «les économies financières associées à ce changement devraient être marginales». «L’objectif principal est de réduire les délais globaux d’accès aux soins», a fait savoir le CUSM, qui prévoit de réaffecter les employés auparavant dédiés à l’assistance téléphonique à d’autres services administratifs.

Le CUSM conclut que ce changement, qui passera inévitablement par une période d’adaptation, vise à réduire les temps d’attente globaux, «au bénéfice de tous les patients, y compris les plus vulnérables».

«Nous nous engageons à soutenir les personnes concernées tout au long de cette période», conclut-on. «Notre priorité reste la santé et la sécurité de tous nos patients.»

«Plus facile de voir Céline Dion»

Les patients s’inquiètent déjà de la transition numérique et de ce que cela pourrait signifier pour leur accès aux soins, selon Pierre Hurteau, président du Comité des usagers du CUSM.

«C’est traumatisant pour les patients, et je dois le dire sans détour: c’est déjà l’enfer pour les patients avec Clic Santé», a-t-il dit. «Beaucoup de patients n’ont pas accès à Internet, donc c’est difficile pour eux, et si vous y avez accès, vous allez sur le site, tout est complet pour tout le mois.»

La CSN demande à Santé Québec de rapatrier les médecins du privé au public La CSN veut un retour des médecins du secteur privé au secteur public dans le but de soigner «gratuitement» et «efficacement» les patients. La centrale syndicale fait aussi pression sur Santé Québec afin que le gouvernement cesse d’autoriser l’ouverture de cliniques privées subventionnées et qu’il cesse les subventions aux cliniques privées.

M. Hurteau compare le fait d’essayer d’obtenir un rendez-vous sur le portail Clic Santé à gagner à la loterie.

«Je l’ai fait moi-même hier. Je n’ai pas pu accéder au mois de mai. J’ai réessayé ce matin, c’est complet», a-t-il avoué. «Il est plus facile d’obtenir un billet pour voir Céline Dion à Paris, c’est le même genre de loterie.»

Il ajoute que le comité des patients n’a pas été consulté, et que la seule explication qui lui a été donnée était «les coupes budgétaires».

«Si je ne peux pas obtenir de rendez-vous maintenant, je ne peux plus appeler, alors que dois-je faire?», a demandé M. Hurteau. «Nous avons déjà reçu des plaintes de patients. Les patients sont inquiets.»