Santé

Le choix du liquide avec lequel on prend ses comprimés a son importance

La plupart des médecins recommandent à leurs patients de prendre leurs médicaments avec de l’eau.

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Lorsqu’on prend des médicaments par voie orale, on ne s’attarde généralement pas sur le liquide utilisé pour les avaler, car il s’agit souvent d’une petite quantité servant simplement à faciliter la déglutition des comprimés et des gélules. Or, de nouvelles recherches suggèrent que ce détail a plus d’importance qu’on ne le pense.

Une étude menée par des chercheurs de l’Université Semmelweis en Hongrie a révélé que certains types de liquides peuvent affaiblir l’enrobage extérieur des médicaments, même lors de brefs contacts, ce qui pourrait libérer le principe actif trop tôt et altérer leur efficacité.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

La plupart des médecins recommandent à leurs patients de prendre leurs médicaments avec de l’eau, et ce conseil est généralement suivi. Cependant, selon l’étude, certaines eaux minérales alcalines et certaines eaux médicinales sont des exemples typiques de liquides pouvant altérer l’efficacité de certains types de médicaments oraux.

Les chercheurs expliquent que de nombreux médicaments oraux, notamment les comprimés anti-reflux, gastroprotecteurs et anti-inflammatoires, sont conçus pour retenir leur principe actif dans l’estomac et le libérer plus tard dans les intestins.

Ces médicaments sont également généralement conçus pour être pris avec de l’eau du robinet, ont noté les chercheurs, plutôt qu’avec des boissons comme l’eau minérale alcaline en bouteille à forte teneur en minéraux, qui peut dégrader l’enrobage protecteur des comprimés.

«Il est essentiel de préserver l’intégrité de l’enrobage entérique, en particulier pour les médicaments labiles à l’acide dont l’efficacité thérapeutique dépend entièrement de la protection contre la dégradation gastrique», ont écrit les chercheurs dans l’étude, publiée plus tôt cette année dans la revue Pharmaceutics.

«Une dégradation prématurée de l’enrobage peut entraîner la dégradation du médicament dans l’estomac, des concentrations plasmatiques sous-thérapeutiques, l’échec du traitement ou, dans certains cas, une augmentation des effets secondaires gastriques, avec des conséquences potentiellement graves pour la sécurité des patients et les résultats du traitement», ont-ils ajouté.

Par ailleurs, d’autres liquides comme le jus de pomme, qui sont plus acides, se sont révélés moins nocifs pour les enrobages protecteurs, ont indiqué les chercheurs, car de nombreux médicaments sont conçus pour résister à l’environnement hautement acide de l’estomac.

Les chercheurs ont souligné que les patients ne reçoivent souvent aucune recommandation quant au type d’eau ou de liquide le plus adapté à leurs médicaments prescrits.

«Dans l’ensemble, ces résultats soulignent la nécessité de fournir des conseils plus précis et explicites [...] concernant les liquides appropriés pour l’administration de produits gastro-résistants manipulés», ont-ils soutenu. «Recommander des liquides légèrement acides ou au pH neutre et décourager l’utilisation d’eaux minérales alcalinisantes pourrait réduire de manière significative le risque de libération prématurée et involontaire du médicament et améliorer la sécurité des patients, en particulier chez les personnes âgées et celles souffrant de dysphagie.»