Santé

La santé mentale des jeunes au cœur des débats à Trois-Rivières

«On n’a pas toujours la bonne réception au fil des changements du gouvernement.»

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La santé mentale des jeunes au cœur des débats à Trois-Rivières La santé mentale de la jeunesse est actuellement sous les projecteurs à Trois-Rivières. Du 8 au 10 avril, la ville a accueilli la Grande Consultation Jeunesse, un rassemblement réunissant des centaines de participants venus des quatre coins de la province pour échanger sur les enjeux actuels et proposer des solutions concrètes.

La santé mentale de la jeunesse est actuellement sous les projecteurs à Trois-Rivières. Du 8 au 10 avril, la ville a accueilli la Grande Consultation Jeunesse, un rassemblement réunissant des centaines de participants venus des quatre coins de la province pour échanger sur les enjeux actuels et proposer des solutions concrètes.

Selon Jennifer Robillard, Directrice générale de la Coalition Interjeunes, l’objectif est de formuler des recommandations claires à l’intention de l’État. Toutefois, elle a confié au micro de Noovo Info une certaine amertume : malgré la récurrence de cet événement, les mesures proposées sont rarement prises en compte par les différents ministères.

«On n’a pas toujours la bonne réception au fil des changements du gouvernement», conclut-elle.

Mais qu’en pensent les premiers concernés. Noovo Info a sondé les jeunes sur place : le gouvernement en fait-il assez pour eux ?

Le constat est cinglant. «Je trouve ça assez contradictoire de baisser les budgets alors qu’on a besoin d’un plus haut budget», confie Nathan Roberts-Côté, 15 ans.

Une autre participante renchérit : «le seul truc qu’ils ont fait, c’est bannir les téléphones. Ce n’est même pas quelque chose qui était important».

Une initiative citoyenne portée à l’Assemblée

Face à ce constat, Steven Bilodeau, un Trifluvien de 19 ans personnellement touché par un trouble d’anxiété généralisée, a choisi de prendre les devants. Il a fondé le Conseil de développement et de recommandations en santé mentale jeunesse du Québec. L’organisme a soumis 15 recommandations à l’Assemblée nationale, soutenue par une pétition comptant plus de 3000 signatures.

Steve Bilodeau Steve Bilodeau (Noovo Info)

Son cheval de bataille : la création d’une commission spéciale sur la santé mentale des jeunes, afin d’adapter les politiques à la réalité du terrain.

«Un peu comme la commission sur les écrans, quelque chose de transpartisan, qui va permettre d’entendre différents intervenants et surtout de laisser place aux jeunes», précise-t-il.

Bien que de telles initiatives existent ailleurs dans le monde, aucune n’a encore ciblé spécifiquement le contexte québécois. Pour la docteure Mélissa Généreux, médecin spécialiste en santé publique, ce projet est plus que pertinent.

«La façon dont notre système scolaire est organisé, les défis qu’on peut avoir au niveau économique, au niveau de l’accès des soins de santé, ce n’est pas la même chose qu’en Angleterre ou en Chine», précise-t-elle.

Quel avenir pour cette demande?

La pétition sera close le 24 juin prochain. Elle sera officiellement déposée lors de la reprise de la session parlementaire, dans quelques mois.

Pour Elisabeth Prass, députée du PLQ de D’Arcy-McGee et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé mentale, ce délai pourrait paradoxalement être une opportunité : «jusqu’à présent, dans les deux mandats de la CAQ, il n’y a eu aucune saisie de pétition qui a été acceptée. Donc on espère qu’un nouveau gouvernement aura plus d’ouvertures à regarder ces questions en profondeur», avoue-t-elle.

Et même si ce projet de commission devait voir le jour, Elisabeth Prass rappelle que lors de la commission sur l’impact des écrans, une seule des 58 recommandations avait été retenue par la CAQ : celle concernant l’interdiction des cellulaires en classe.