Santé

La FQCS demande une meilleure répartition des effectifs médicaux sur le territoire

La répartition des ressources médicales n’est pas assez équitable entre les centres urbains et les territoires ruraux, dénonce la FQCS.

Mis à jour le 

Publié le 

Photo d'instruments médicaux dans une salle d'examen d'une clinique de santé à Calgary, vendredi 14 juillet 2023. Photo d'instruments médicaux dans une salle d'examen d'une clinique de santé à Calgary, vendredi 14 juillet 2023. (Jeff McIntosh)

La répartition des ressources médicales n’est pas assez équitable entre les centres urbains et les territoires ruraux, dénonce la Fédération québécoise des coopératives de santé (FQCS). Dans un mémoire déposé dans le cadre des consultations prébudgétaires, elle demande au gouvernement de corriger le tir. 

Dans son document, la FQCS dresse cinq recommandations, notamment que Québec assure «une répartition plus équitable des ressources médicales, en tenant compte des besoins territoriaux et du rôle des coopératives dans le maintien des services de proximité». 

Les coopératives de santé — qui sont exploitées à des fins non lucratives — ressemblent à des cliniques, mais elles sont administrées par des citoyens membres de la FQCS.  Elles offrent des services de santé de première ligne, surtout dans les milieux ruraux ou périurbains où l’offre de services est déficiente. 

Ces services de santé sont dispensés par plus de 280 médecins, majoritairement des omnipraticiens, près de 160 infirmières et une quarantaine d’autres professionnels de la santé. Ensemble, ils desservent environ 300 000 patients. 

«Dans l’affectation des ressources médicales, je parle des médecins, donc ça se fait par les Départements territoriaux de médecine familiale (DTMF), on aimerait qu’il y ait une attention particulière là où les besoins sont plus grands pour l’affectation des médecins», explique en entrevue le directeur de la FQCS, François Allaire. 

De plus, les médecins de famille qui pratiquent au Québec doivent consacrer une partie de leur pratique à certaines activités spécifiques, comme les soins en CHSLD ou à l’urgence — ce qu’on appelle les activités médicales particulières (AMP). «On voudrait que les coopératives de santé soient reconnues comme des affectations médicales particulières à part entière», plaide M. Allaire. 

Il exhorte également le gouvernement à corriger «les iniquités dans les critères d’admissibilité et des programmes de soutien financier, afin de permettre à des organisations à mission collective – dont les coopératives de santé – de contribuer pleinement aux objectifs de vitalité territoriale, d’innovation et de services essentiels aux populations».

M. Allaire donne l’exemple du Fonds régions et ruralité qui vise à soutenir la vitalité des territoires. «On exclut les coopératives de santé de ce programme. Pour nous, c’est une aberration et c’est écrit noir sur blanc alors que s’il y a bien une organisation ou une coopérative qui contribue à la vitalité des territoires, c’est vraiment les coopératives de santé», fait-il valoir. 

Dans son mémoire, la FQCS recommande aussi au gouvernement de «créer un programme de financement pour soutenir les coopératives de santé dans la réalisation de leur mission, en lien avec leurs infrastructures, leurs ressources humaines et l’organisation des services curatifs et préventifs en santé». 

Ce programme serait analogue au Programme de soutien aux organismes communautaires. «On ne veut pas aller dans ce programme qui est déjà assez limité et qui est quand même très pertinent pour les organismes communautaires, mais ce serait vraiment pour aider à la mission de base. Et ce n’est quand même pas énorme ce qu’on demande», affirme M. Allaire. 

La FQCS a calculé qu’il lui faudrait 2,48 millions $ en contributions gouvernementales, soit l’équivalent de 15 % de ses coûts d’exploitation. Les dépenses globales annuelles pour l’ensemble des coopératives de santé sont estimées à 16,5 millions $ pour 2025.

Le reste du financement des coopératives de santé est assuré par les loyers perçus auprès des professionnels de la santé à hauteur d’environ 35 %. La proportion de la contribution des membres citoyens est aussi approximativement de 35 %, mais elle varie grandement d’une région à l’autre.  

La Fédération québécoise des coopératives de santé rencontrera le cabinet du ministre des Finances dans les prochains jours afin de discuter des éléments présentés dans le mémoire. 

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste