Santé

La détresse psychologique des jeunes ontariens revient aux niveaux prépandémie

Selon un sondage, 46% des jeunes de la 7e à la 12e année déclaraient souffrir d’une détresse psychologique «modérée à grave» en 2025.

Publié le 

Le campus de la rue Queen du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), à Toronto, le dimanche 14 mars 2021. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le campus de la rue Queen du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), à Toronto, le dimanche 14 mars 2021. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Cole Burston)

La détresse psychologique chez les jeunes ontariens semble avoir diminué depuis la pandémie, mais reste néanmoins élevée, selon le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

Le dernier Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario a révélé qu’en 2025, 46% des jeunes de la 7e à la 12e année déclaraient souffrir d’une détresse psychologique «modérée à grave».

Ce chiffre est en baisse par rapport aux 51% d’élèves concernés lors de la dernière enquête, réalisée en 2023.

Hayley Hamilton, chercheuse principale, estime que cette baisse est «encourageante», mais que le pourcentage d’élèves confrontés à des problèmes de santé mentale reste nettement plus élevé qu’il y a plus de dix ans.

Selon Mme Hamilton, l’augmentation des problèmes de santé mentale signalés au fil des ans pourrait s’expliquer par des facteurs tels que les réseaux sociaux, mais pourrait également refléter une diminution de la stigmatisation et une plus grande disposition à parler de la détresse psychologique.

L’enquête de 2025, publiée lundi, montre que les étudiants sont moins nombreux à consommer de l’alcool et des drogues que par le passé et qu’ils attendent plus longtemps avant de les essayer pour la première fois.

La cigarette en vogue Le retour de la cigarette dans nos écrans est-elle signe d’une culture qui tourne le dos à la santé ou symbole d’un futur incertain?

Hausse des paris en ligne

Mais elle a également révélé une hausse spectaculaire des paris en ligne: un étudiant sur dix a placé des paris sportifs en 2025, contre un sur cent en 2017.

Près du quart des élèves ont dit voir ou entendre quotidiennement des publicités pour des sites de jeux d’argent en ligne.

Mme Hamilton, codirectrice de l’Institut de recherche sur les politiques de santé mentale du CAMH, a expliqué que cette augmentation des jeux d’argent en ligne coïncidait avec la modification de la réglementation ontarienne autorisant désormais les sites de paris privés non gouvernementaux.

Malgré les restrictions d’âge imposées par ces sites, «les élèves trouvent le moyen de parier», a-t-elle ajouté.

Le Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario est mené tous les deux ans depuis 1977 dans les conseils scolaires de toute la province.

L’enquête de 2025 a porté sur 11 108 élèves de la 7e à la 12e année, répartis dans 1147 classes de 246 établissements scolaires relevant de 42 conseils scolaires. Les élèves ont répondu à des questionnaires en ligne anonymes entre décembre 2024 et juin 2025.

L’organisme professionnel du secteur des sondages, le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien, précise qu’il n’est pas possible d’attribuer une marge d’erreur aux enquêtes en ligne, car elles ne reposent pas sur un échantillonnage aléatoire de la population.

Nicole Ireland

Nicole Ireland

Journaliste