Santé

Jouets au micro-onde: les dangers liés à une tendance sur les réseaux sociaux

«Quand j’ai vu la brûlure… toute la peau s’est détachée. C’était rose vif.»

Publié le 

Brûlure micro-ondes (Courtoisie via CTV News)

Dimanche dernier, Aida Schwan von Brasch s’est précipitée dans sa cuisine après avoir entendu sa fille de 13 ans, Amélie, crier: «Enlève-moi ça, enlève-moi ça». Lorsqu’elle lui a demandé ce qui n’allait pas, Amélie lui a expliqué qu’une peluche souple avait «explosé» sur sa poitrine après qu’elle l’ait mise au micro-ondes.

«J’ai essayé de l’enlever, mais il était collé à elle», a expliqué la mère jeudi à l’émission Your Morning de CTV. «Une partie était collée à son t-shirt, l’autre à sa peau, et ça s’est détaché en arrachant un bout de peau.»

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Après une rapide recherche sur Internet, elle a décidé de lui faire prendre une douche froide pendant 20 minutes, puis de l’emmener aux urgences.

«Quand j’ai vu la brûlure… toute la peau s’est détachée. C’était rose vif, ça faisait à peu près ça», a-t-elle déclaré en écartant les mains pour indiquer une zone d’environ six centimètres de large.

Amélie avait vu sur les réseaux sociaux une vidéo montrant un autre enfant mettant son jouet souple au micro-ondes pour le ramollir.

Interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 16 ans: entrevue avec la Dre Mélissa Généreux La nouvelle loi sur la sécurité en ligne du gouvernement libéral obligerait les plateformes de réseaux sociaux à bloquer l’accès aux enfants de moins de 16 ans. Pour la Dre Mélissa Généreux, une telle loi ne serait pas exagérée.

«Je me suis dit: “Oh, j’en ai un qui est plutôt dur comme de la pierre moi aussi, je vais essayer”», a raconté l’adolescente. «Je l’ai touché quand il est sorti du micro-ondes, et il ne semblait pas brûlant. Il était juste tiède à l’extérieur, alors je me suis dit : “Il ne va rien se passer.” Du coup, je l’ai simplement pressé, et il a explosé sur toute ma poitrine.»

Amélie n’avait pas réalisé la gravité de la brûlure et n’avait pas ressenti la douleur car elle était encore sous le choc.

«Je regardais juste ma mère, et mes parents avaient des expressions horrifiées, alors je me suis dit: “Qu’est-ce qui s’est passé ?”», a-t-elle confié. «Puis je me suis vue dans le miroir, et j’ai été choquée.»

Selon Mme Schwan von Brasch, malgré la gravité de cette brûlure au deuxième degré, ils avaient eu de la «chance» que les blessures n’étaient pas plus graves. Dans le cadre de son traitement, on lui a désormais conseillé de garder la zone de la plaie couverte en permanence et d’éviter le soleil pendant les 12 prochains mois.

«La sécurité des enfants à l’ère numérique en constante évolution»

Une nouvelle tendance sur les réseaux sociaux consistant à passer au micro-ondes des jouets souples a attiré l’attention des enfants et des adolescents, mais s’est avérée avoir des conséquences dangereuses. De plus en plus d’enfants se retrouvent dans les services de grands brûlés des hôpitaux, tandis que leurs parents tirent la sonnette d’alarme.

Un rapport de cas et un avertissement publiés par le Journal of Surgical Reconstruction au Royaume-Uni ont appelé à une réflexion sur les «implications plus larges pour la sécurité des enfants à l’ère numérique en constante évolution».

Les chercheurs ont examiné le cas d’une fillette de 10 ans qui a subi des brûlures après avoir passé au micro-ondes un jouet squishy rempli d’une substance gélatineuse afin de le rendre plus souple. Dans leurs conclusions publiées en mars, ils ont indiqué que le jouet s’était rompu, provoquant la «projection et l’adhérence» de son contenu chauffé sur le corps de la fillette.

Brûlures sur une fillette (Journal of Surgical Reconstruction) Brûlures sur une fillette (Journal of Surgical Reconstruction)

«Ce cas illustre le risque sérieux que présentent des tendances Internet en apparence anodines, en particulier celles impliquant des composants thermiques et chimiques», a-t-on écrit dans le rapport. «Nous implorons les plateformes de réseaux sociaux de s’attaquer plus tôt à ces tendances dangereuses, afin d’éviter des traumatismes aussi graves aux enfants et aux autres personnes vulnérables.»

Un enfant de 9 ans originaire de Chicago a subi de graves brûlures sur près de la moitié de son visage lorsque son jouet squishy a explosé sous l’effet de la chaleur après avoir été passé au micro-ondes. L’enfant a expliqué qu’il avait tenté l’expérience parce que son ami l’avait fait sans se blesser.

Le centre médical de l’université Loyola, dans l’Illinois, a indiqué à Eyewitness News (ABC) qu’il s’agissait du quatrième cas de ce type qu’il avait observé, impliquant des jouets tels que les NeeDoh Cubes et d’autres marques.

Dans un autre cas survenu aux États-Unis, une fille de 11 ans a failli perdre la vue après avoir suivi la même tendance sur les réseaux sociaux, selon le magazine People. La fillette a été transportée d’urgence aux urgences et pourrait avoir besoin d’une greffe de peau en raison des lésions subies.

Une enquête menée par Consumer Reports en décembre dernier a révélé que les jouets souples comme ceux de NeeDoh peuvent se fendre et laisser échapper des liquides, ce qui peut provoquer des brûlures chimiques. Les avis sur le Niceberg de NeeDoh soulignent à quel point ces jouets peuvent se casser facilement: l’un d’entre eux indique qu’un jouet «s’est cassé au bout de trois jours d’utilisation normale», tandis qu’un autre note qu’il «fuit rapidement au niveau du joint».

Schylling, le fabricant de NeeDoh, a contesté les résultats des tests de pH effectués par Consumer Reports, affirmant que le gel contenu à l’intérieur ne présentait aucun danger en cas de contact avec la peau.

Selon la Commission américaine de sécurité des produits de consommation (CPSC), ces jouets peuvent provoquer chez les enfants une desquamation de la peau et de graves irritations cutanées.

Au moment d’écrire cet article, CTVNews.ca attendait un retour de l’entreprise pour des commentaires.

Avec des informations de Pat Foran pour CTV News