Un résident de l’Ouest-de-l’île de Montréal se confie après que le corps de son épouse a été incinéré avant qu’une autopsie puisse être pratiquée.
L’épouse de Joe Lerario, Wendy Ann Larivière, a subi un quadruple pontage coronarien au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) le 27 novembre.
Les médecins lui avaient d’abord indiqué que l’opération s’était bien déroulée, mais Mme Larivière ne s’est jamais réveillée. Elle a été transférée à l’unité de soins intensifs, où elle est décédée le 29 novembre.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’hôpital a demandé à M. Lerario s’il souhaitait qu’une autopsie soit pratiquée sur le corps de son épouse.
«J’ai répondu: “Absolument.” Je n’ai pas hésité un seul instant, car c’est inhabituel. Je voulais savoir pourquoi», a-t-il lancé.
Lorsque M. Lerario a appelé l’hôpital quelques jours plus tard pour avoir des nouvelles, on lui a répondu, selon ses dires, qu’aucune demande n’avait jamais été déposée.
Il a appris par la suite que le corps de son épouse avait déjà été remis à un salon funéraire et incinéré avant que l’autopsie qu’il avait demandée puisse avoir lieu.
«J’étais anéanti», a déploré M. Lerario.
M. Lerario a déposé une plainte auprès du médiateur de l’hôpital au début de cette année.
Le rapport de cinq pages a conclu que l’autopsie manquée était le résultat d’une «erreur humaine dans le traitement de la demande d’autopsie».
Selon le rapport, l’hôpital s’appuie sur un système manuel plutôt que numérique pour traiter les demandes d’autopsie.
Le médiateur avait déjà signalé des problèmes similaires dès 2020.
Une refonte numérique du système au CUSM est actuellement à l’étude.
Dans un communiqué envoyé par courriel, Annie-Claire Fournier, conseillère en relations avec les médias du CUSM, a déclaré que l’hôpital «présente ses sincères condoléances à M. Lerario et à sa famille», ajoutant «que les questions restées sans réponse après un décès peuvent aggraver le chagrin d’une famille».
Mme Fournier a précisé que le CUSM ne commentait pas les cas particuliers, pour des raisons de confidentialité.
Mais elle écrit: «En 2026, le CUSM a élaboré un guide écrit à l’intention des familles endeuillées. Ce document explique les étapes suivantes à suivre à l’hôpital, le rôle d’une autopsie, l’intervention éventuelle du médecin légiste, les démarches auprès des pompes funèbres et les interlocuteurs auxquels les familles peuvent s’adresser en cas de questions. Le CUSM procède également à la révision et à la mise à jour de sa politique institutionnelle régissant la prise en charge et la remise des personnes décédées.»
M. Lerario se dit toujours sceptique.
La perte du rapport d’autopsie signifie qu’il ne saura jamais ce qui a causé le décès de son épouse, ni si elle souffrait de pathologies sous-jacentes dont leur fils et leur petit-fils devraient être informés.
Il affirme que le CUSM n’a pas fait preuve de la diligence requise.
«Il suffirait d’un simple coup de fil pour le savoir», a-t-il conclu.


