Et si tous les patients pouvaient affronter leur maladie en face à face, leur permettant de l’insulter ou encore la remercier?
C’est l’idée qu’a eue Raphaël Jolicoeur, un Québécois de 36 ans atteint d’un cancer depuis cinq ans. Il a créé une plateforme en ligne qui personnifie sa tumeur, avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA).

«Dans mes élans créatifs, j’ai rapidement senti que mon entourage voulait participer à ce projet artistique et je me surprenais à voir à quel point les gens ventilaient et disaient tout ce qui leur passait par la tête. D’un côté, ça m’amuse, mais en même temps, ça me rassure parce que maintenant je vois mon entourage qui vit ça de façon beaucoup plus saine. Et ça m’aide à composer aussi avec ce qui m’arrive», explique-t-il en entrevue avec Noovo Info.
Les gens peuvent insulter Béatrice, la tumeur de Raphaël, ou encore lui envoyer de l’amour. Chaque interaction lui fera changer d’apparence jusqu’à ce que Béatrice appelle l’utilisateur pour discuter et répondre à ses questions.

Grâce à l’application «Tumour ME», il est possible de confronter la maladie, mais aussi de soutenir une cause très importante pour les patients du CHUM.
Les interactions avec Béatrice permettent de faire des dons à la Fondation du CHUM.
«Je voulais vraiment que les dons, l’implication ou les gestes que les gens posaient, allaient servir une cause plus grande qu’uniquement la mienne», mentionne Raphaël.
Cet exutoire est encouragé par l’entourage médical de Raphaël.
«Je trouve que Raphaël est très très courageux par ce qu’il fait. Il agit pour son propre bien, mais aussi pour la cause», a souligné Mustapha Tehfe, oncologue médical au CHUM.

L’application de Raphaël remet en perspective la philanthropie tout comme la récente campagne de financement de la Fondation du CHUM. Intitulée Mouvement Gratitude, la campagne a inspiré des patients à faire non seulement des dons, mais aussi à écrire des mots à ceux qui les ont soignés.
«On est en plein cœur d’une campagne majeure qui s’appelle Agir plus vite que la maladie. C’est une campagne qui vise à soutenir des projets d’innovation, beaucoup de recherche et d’enseignement dans différents secteurs. Donc on cherche du financement auprès des grandes fondations familiales, auprès des entreprises bien sûr, mais aussi auprès du grand public», soutient Pascale Bouchard, présidente-directrice générale de la Fondation du CHUM.
Dans ce contexte, l’IA vient soutenir Raphaël et sa communauté dans son parcours face à la maladie. Et le projet pourrait évoluer. Une nouvelle façon de voir cette technologie et comment elle pourrait appuyer les patients.
Voyez le reportage de Lila Mouch dans la vidéo.

