Santé

Inscriptions de patients: porter la voix des gestionnaires de GMF

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Des fournitures médicales sont visibles dans la salle d'examen d'une clinique, le lundi 24 février 2025, à Odessa, au Texas. Photo AP Des fournitures médicales sont visibles dans la salle d'examen d'une clinique, le lundi 24 février 2025, à Odessa, au Texas. Photo AP (Julio Cortez)

La réalité des gestionnaires de groupes de médecins de famille (GMF) n’est pas tellement entendue présentement par les décideurs. Est-ce que l’écho de leurs préoccupations aurait pu rendre plus fluides certaines décisions, notamment l’inscription des 500 000 nouveaux patients au printemps dernier?

«La première ligne prend énormément de place dans l’opinion publique et on l’a vu dans la campagne [électorale] qui s’est terminée hier. Ça prend beaucoup de place parce que les gens souhaitent avoir une accessibilité, ce qui est tout à fait notre intention aussi d’assurer une accessibilité et une continuité», commente en entrevue la Dre Chantal Guimont, présidente de la nouvelle Association québécoise des organisations de première ligne (AQOPL), qui a vu le jour le mois dernier.

Les décisions qui sont prises entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le ministère de la Santé et Santé Québec ont un impact dans l’organisation des soins, souligne Dre Guimont.

«À l’association, on a la conviction que d’avoir une voix unique, un référent auquel ces différents organismes vont pouvoir poser des questions, ça va aider à prendre en considération la réalité du terrain quand ces décisions sont prises. La dernière chose qu’on souhaite, c’est une clinique médicale qui n’y arrive pas, qui est obligée de fermer ses portes, et là, l’accès pour un ensemble de patients devient compromis», dit-elle.

«C’est une situation très anxiogène et on l’a vue dans les dernières années, des situations où des cliniques médicales ont fermé», déplore-t-elle.

Un exemple des répercussions des décisions politiques dans la gestion des soins est l’inscription de plus de 500 000 nouveaux patients auprès d’un médecin ou d’un GMF. C’est l’objectif qui avait été fixé par le gouvernement et la FMOQ lors du renouvellement des conditions de travail des médecins de famille. L’objectif a été atteint et même dépassé en mai dernier.

Environ 500 000 patients ont trouvé un médecin de famille ou un GMF «plus tôt que prévu» Dans la foulée de l’entente avec les médecins omnipraticiens, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a affirmé mercredi que 500 000 patients supplémentaires ont pu être pris en charge par un médecin de famille ou un groupe de médecine familiale, «et ce, plus tôt que prévu».

Ces nouvelles inscriptions ont eu un impact «beaucoup plus grand» sur les médecins de famille et les autres professionnels de la première ligne. Néanmoins, les gestionnaires ont un rôle à jouer pour que cela fonctionne, comme d’avoir les locaux nécessaires pour l’ajout de nouveaux patients, des outils pour la prise de rendez-vous, etc.

«L’exemple est bon pour les 500 000 patients inscrits. Derrière chaque rendez-vous, il faut que les gens comprennent qu’il y a un gestionnaire de clinique qui s’est organisé pour que l’horaire fonctionne, qu’il y ait du personnel pour accueillir ces patients, qu’il y a une équipe interdisciplinaire pour prendre en charge», décrit Dre Guimont.

Elle se dit préoccupée par des cas médiatisés de patients qui ont récemment reçu une lettre leur indiquant leur inscription auprès d’un GMF, mais qui n’arrivent pas à avoir un rendez-vous. Elle ajoute qu’il y a aussi des patients inscrits auprès d’un médecin de famille qui n’arrivent pas à obtenir de rendez-vous.

«Ce sont des enjeux qui sont hyper complexes et imbriqués», affirme Dre Guimont.

«Cette idée d’inscrire plus de gens, de permettre une meilleure accessibilité, une meilleures continuité, d’introduire des outils technologiques, pris individuellement, c’est sûrement toutes d’excellentes décisions, mais c’est intéressant de pouvoir lever la main à un moment donné, puis dire: “regardez, pour déployer ça, laissez-nous tant de temps, permettez-nous d’aller chercher tel outil supplémentaire, laissez nous le temps d’agrandir l’équipe, de former l’équipe”. Les réalités de gestionnaires actuellement sont moins entendues parce qu’il n’y avait pas de voix pour les porter.»

L’AQOPL est née de l’initiative de quatre regroupements principaux: Réseau MAclinique, Groupe Santé Expert, Clinique MedNam et Clinique Azur. L’association tente actuellement de recruter le plus de membres possible parmi les organisations qui œuvrent en première ligne.

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste