Alors que les diagnostics de cancer colorectal augmentent chez les jeunes Canadiens, les défenseurs de la cause renouvellent leurs appels en faveur d’un abaissement de l’âge du dépistage systématique, une mesure qui permettrait de détecter la maladie plus tôt.
Selon la Société canadienne du cancer, les personnes de moins de 50 ans au Canada ont un risque de diagnostic jusqu’à 2,5 fois plus élevé que les générations précédentes du même âge.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Dans une entrevue accordée jeudi à l’émission CTV Your Morning, le Dr Enrique Sanz Garcia, oncologue médical au Princess Margaret Cancer Centre, a expliqué que cette augmentation pouvait être liée à plusieurs facteurs, notamment l’alimentation, la sédentarité — un mode de vie caractérisé par une inactivité prolongée et habituelle — et la consommation d’alcool, qui modifient tous le microbiome intestinal et ont un impact sur les intestins.
Plusieurs groupes, dont la Société canadienne du cancer, exhortent les décideurs politiques à abaisser l’âge recommandé pour le dépistage de 50 à 45 ans, en s’appuyant sur un nombre croissant de preuves indiquant que de plus en plus de cas sont diagnostiqués plus tôt dans la vie.
«Le cancer colorectal est au quatrième rang des cancers les plus diagnostiqués au Canada, et est la deuxième cause de décès lié au cancer dans la population canadienne, après le cancer du poumon», a-t-on précisé.
Les directives canadiennes actuelles recommandent toujours aux personnes à risque moyen de commencer le dépistage à 50 ans, généralement à l’aide du test immunochimique fécal (FIT) qui détecte la présence de sang occulte dans les selles — le symptôme le plus courant. Un résultat positif est alors suivi d’une coloscopie.
Outre les saignements dans les selles, le Dr Enrique Sanz Garcia souligne qu’il est important d’être attentif à tout changement inexpliqué des habitudes intestinales, comme l’alternance de diarrhée et de constipation. D’autres symptômes incluent une fatigue excessive, des douleurs abdominales et une perte de poids inexpliquée.
«Si un membre de votre famille a reçu un diagnostic de cancer colorectal précoce, c’est-à-dire avant l’âge de 50 ans, vous pourriez être admissible à un dépistage plus précoce», a-t-il mentionné.
Malgré cette tendance préoccupante, le Dr Enrique Sanz Garcia a souligné que les résultats des traitements s’améliorent.
«Nous gagnons beaucoup en termes de survie et nous guérissons de plus en plus de personnes», a-t-il dit, soulignant les progrès réalisés en chirurgie, en radiothérapie et dans les thérapies ciblées.
Près de 67% des personnes ayant été diagnostiqué d’un cancer colorectal survivront au moins cinq ans après leur diagnostic, selon la Société canadienne du cancer.
«Nous nous intéressons également à l’activité physique. Nous savons que si vous recevez un diagnostic de cancer colorectal après votre opération, faire de l’exercice améliorera votre survie», a-t-il ajouté.
Le Dr Enrique Sanz Garcia a noté qu’au Princess Margaret Cancer Centre, l’organisme caritatif mène des recherches sur des médicaments destinés à traiter ce type de cancer — dont beaucoup sont en cours de développement.

