Santé

Hantavirus: «notre travail n’est pas terminé», avertit le patron de l’OMS

«Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander.»

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Le paquebot MV Hondius, touché par l'épidémie d'hantavirus, est visible à l'ancrage dans le port de Granadilla, à Ténérife, dans les îles Canaries, en Espagne, le lundi 11 mai 2026. (Photo AP) Le paquebot MV Hondius, touché par l'épidémie d'hantavirus, est visible à l'ancrage dans le port de Granadilla, à Ténérife, dans les îles Canaries, en Espagne, le lundi 11 mai 2026. (Photo AP) (Arturo Rodriguez)

Le patron de l’Organisation mondiale de la santé a estimé mardi que le «travail» des autorités sanitaires n’était «pas terminé» après l’évacuation réussie de plus d’une centaine de passagers et membres d’équipage du MV Hondius où un foyer d’hantavirus avait été détecté.

«Notre travail n’est pas terminé», a averti Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Madrid au lendemain de la fin des opérations d’évacuation du navire de croisière, qui a repris lundi soir la direction des Pays-Bas depuis les Canaries, avec une partie de son équipage encore à bord.

«Compte tenu de la longue période d’incubation du virus (…) d’autres cas» pourraient apparaître dans les semaines à venir, a-t-il martelé, disant «espérer» mardi que les pays suivront «les conseils et les recommandations» de l’OMS dans la lutte contre l’hantavirus.

Les occupants du bateau évacués sont des ressortissants d’une vingtaine de pays différents.

«L’OMS dispose de directives claires», a-t-il rappelé avant d’évoquer «la question de la souveraineté» nationale.

«Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander», a-t-il poursuivi.

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«La recommandation de l’OMS est qu’elles (les personnes évacuées) soient suivies activement, dans un centre de quarantaine désigné ou à domicile, pendant 42 jours à compter de la dernière exposition, qui est le 10 mai, ce qui nous amène au 21 juin», a-t-il détaillé.

«Je comprends parfaitement que la population de Tenerife ait pu être préoccupée par le débarquement, sur ses côtes», a-t-il dit.

«Le risque est faible, tant pour la population de Tenerife qu’à l’échelle mondiale, et tous nos efforts au cours de la semaine écoulée ont visé à le maintenir à ce niveau», a-t-il ajouté, disant prendre «la situation très au sérieux».

De son côté, le premier ministre espagnol a salué la réussite de cette opération: «le monde n’(avait) pas besoin de plus d’égoïsme, ni de plus de peur», a-t-il lancé, une allusion aux réticences de certains en Espagne, et en particulier aux Canaries, qui refusaient d’accueillir le navire pour procéder à son évacuation.

«Ces derniers jours, nous avons entendu de nombreux représentants publics se demander pourquoi le pays africain du Cap-Vert n’accueillait pas l’opération», a rappelé le chef du gouvernement, faisant référence sans le citer au président régional des Canaries notamment.

«Mais pour nous, il était clair que ce n’était pas la question, que la vraie question en était une autre (…) Pourquoi ne viendrions-nous pas en aide à ceux qui en ont besoin si nous en avons les moyens ?», a-t-il ajouté.

Le navire, reparti lundi soir avec une partie de son équipage, est attendu aux Pays-Bas, mais pas avant dimanche soir.