Malgré les inquiétudes partagées par des médecins et des politiciens, Santé Québec persiste et signe: le Dossier santé numérique (DSN) sera mis en service le 9 mai prochain.
Dans un breffage technique organisé mercredi, il a été mentionné que l’organisation n’avait «aucun intérêt» à ne pas respecter cette date de lancement.
La veille, dans une entrevue, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, s’était pourtant réservé un droit de veto sur le lancement des deux projets pilotes. Questionnés quant à cette éventualité mercredi, les représentants de Santé Québec ne se sont pas étalés sur cette possibilité.
Erika Bially, vice-présidente - Technologies de l’information à Santé Québec, Adélaïde De Melo, présidente-directrice générale du CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal et Natalie Petitclerc, présidente‑directrice générale du CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec était présentes lors de la rencontre.
C’est dans ces deux CIUSSS que sera déployé le DSN à titre de projet pilote.
Le DSN doit permettre de numériser les dossiers des patients du réseau de la santé afin d’uniformiser les pratiques à travers les régions du Québec, regrouper les informations et éviter les erreurs médicales.
Le spectre du déploiement chaotique de la plateforme numérique de la SAAQ fait craindre à certains observateurs des dépassements de coûts dans la mise en service du DSN.
Dans le breffage technique du 22 avril, les intervenants du réseau de la santé ont néanmoins assuré que le projet respectait jusqu’à maintenant son budget et son échéancier. Il a également été spécifié que «différentes stratégies» étaient mises en place en cas de défaillances du système.
«Tous les mécanismes nécessaires sont en place pour éviter tout risque clinique et ajuster en temps réel si nécessaire», a-t-on précisé.
On a toutefois noté que l’un des problèmes qui pourraient être rencontrés est l’adaptation des travailleurs du réseau de la santé à la plateforme et reconnu qu’un accompagnement auprès des personnes ayant de la difficulté avec les outils numériques pourrait être déployé.
Les critiques envers le DSN concernent également le fait que le système soit américain, donc non adapté à la langue française, un manque de formation pour certains employés et un risque pour les données québécoises.
En date d’août dernier, le budget autorisé pour le projet «Déploiement vitrines Dossier santé numérique» était de 402 M$.
Baisse des activités prévues
Une baisse des activités cliniques est malgré tout prévue dans les deux régions où le nouveau DSN sera testé à compter du 9 mai, soit en Mauricie-Centre-du-Québec et dans le nord de l’île de Montréal.
Mme De Melo a expliqué qu’à partir du lundi 27 avril, les activités allaient baisser de 75 % par rapport au volume habituel, puis de 50 % à compter du 4 mai, pour deux semaines, avec une remontée à 75 % à compter du 18 mai et un retour à 100 % à compter du 25 mai.
On assure toutefois que les activités urgentes ou «importantes», comme l’oncologie, ne subiront pas de baisse et que des mesures d’atténuation sont prévues.
Avec de l’information de La Presse canadienne

