Santé

Des représentants LGBTQ+ ougandais empêchés de voyager au Canada en raison d'Ebola

L’OMS a demandé à des pays comme le Canada de lever leurs interdictions générales, arguant qu’elles ne font que rendre plus difficile l’endiguement de l’épidémie. 

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Des militants brandissent des pancartes lors d'une manifestation contre le projet de loi ougandais sur l'homosexualité devant le Haut-Commissariat de l'Ouganda à Pretoria, en Afrique du Sud, le 4 avril 2023. Photo AP Des militants brandissent des pancartes lors d'une manifestation contre le projet de loi ougandais sur l'homosexualité devant le Haut-Commissariat de l'Ouganda à Pretoria, en Afrique du Sud, le 4 avril 2023. Photo AP (Themba Hadebe)

L’interdiction générale d’entrée au Canada imposée aux ressortissants de certains pays touchés par le virus Ebola empêche des militants ougandais de participer à une importante conférence sur les droits LGBTQ+ à Ottawa.

«Nous tenons vraiment à souligner le rôle important que joue le Canada dans le soutien aux mouvements de défense des droits humains dans la région», a déclaré Doug Kerr, directeur de Dignity Network Canada, une coalition d’organisations canadiennes défendant les droits des personnes LGBTQ+ à l’échelle mondiale.

Un vol dérouté vers Montréal en raison des restrictions entourant l’Ebola Les services frontaliers américains ont indiqué qu’un vol d’Air France à destination des États-Unis a été dérouté vers Montréal après l’embarquement «par erreur» d’un passager originaire de la République démocratique du Congo malgré des restrictions de vol liées à l’épidémie d’Ebola en Afrique.

Le gouvernement de Mark Carney a annoncé la semaine dernière une suspension de 90 jours de divers documents de voyage pour les personnes vivant en Ouganda, au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo, invoquant la menace d’Ebola.

Lors de l’annonce de cette mesure le 26 mai, la ministre de la Santé, Marjorie Michel, a déclaré aux journalistes que ce n’était  «pas une question de science» et que la population était «traumatisée» par la pandémie de COVID-19.

M. Kerr a souligné que cette politique empêchait trois Ougandais, qui devaient prendre la parole lors d’une conférence la semaine prochaine et rencontrer des députés et des représentants du service diplomatique, de venir parler de la répression violente en Ouganda et de la manière dont le Canada soutient les personnes touchées.

«Les mouvements anti-droits se sont vraiment mis à cibler les personnes LGBTQI, qu’ils considèrent comme une cible assez facile, et ils remportent un certain succès dans ce domaine à travers le monde, mais cela rend le rôle du Canada d’autant plus important», a-t-il déclaré.

«Des pays comme la Russie et les États-Unis s’emploient activement à porter atteinte aux droits de la personne dans nos communautés.»

L’Ouganda a adopté en 2023 une loi prévoyant la peine de mort pour l’«homosexualité aggravée» et la prison à vie pour d’autres actes homosexuels. Cette mesure faisait suite à des pressions exercées par des groupes évangéliques basés aux États-Unis et par le gouvernement russe.

Le sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes a entendu des témoignages sur cette répression, qui a nui aux efforts visant à éliminer le VIH et a conduit certains Ougandais à demander l’asile dans les pays voisins.

M. Kerr a affirmé que les politiques ougandaises ont inspiré des mesures similaires dans d’autres pays, notamment au Sénégal, au Ghana et au Bélarus.

«C’est vraiment un point central pour les mouvements anti-LGBT, a-t-il expliqué. Il existe en Ouganda un mouvement de défense des droits de la personne très fort qui lutte contre cela, il était donc vraiment important pour nous de le mettre en avant.»

L’Organisation mondiale de la santé a demandé à des pays comme le Canada de lever leurs interdictions générales, arguant qu’elles ne font que rendre plus difficile l’endiguement de l’épidémie. 

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste