Une famille en deuil estime que leur fille serait peut-être encore en vie si les médecins avaient détecté plus tôt les signes avant-coureurs d’une complication grave de la grossesse.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Jaali Weenie-Sutherland, une femme enceinte, est décédée le 26 avril à l’hôpital pour enfants Jim Pattison de Saskatoon, après avoir reçu un diagnostic de prééclampsie, selon les membres de sa famille.
Sa famille, ainsi que la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN), réclament une enquête indépendante sur les circonstances entourant le décès de cette femme enceinte.
Mme Weenie-Sutherland, âgée de 24 ans, s’est rendue à l’hôpital en raison de douleurs et de difficultés respiratoires. Sa famille indique que la future mère pensait être en travail. Elle crachait également du sang.
Elle a été transportée à l’hôpital de Saskatoon, où, selon sa famille, elle a attendu environ 13 heures dans une salle d’observation avant d’être transférée au service de travail et d’accouchement. Deux heures plus tard, Mme Weenie-Sutherland était décédée, selon sa famille.
«Sa mort aurait pu être évitée», a soutenu Jaye Cameron, porte-parole de la famille, lors d’une conférence de presse.
Dans une déclaration à CTV News, la Saskatchewan Health Authority (SHA) a indiqué que tout décès maternel survenant pendant le travail ou l’accouchement fait immédiatement l’objet d’une enquête en tant qu’incident critique. Le processus est en cours, mais la SHA a précisé qu’elle ne pouvait pas commenter les détails cliniques spécifiques.
La prééclampsie est une complication grave de la grossesse qui touche environ 3 % des grossesses au Canada, selon une étude de 2024 publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne.
D’après cette étude, la prééclampsie et les autres troubles hypertensifs de la grossesse (THG) sont en hausse. Les THG constituent la principale cause de morbidité maternelle grave et sont responsables de plus de 50 000 décès maternels dans le monde chaque année.
Mme Cameron affirme que les inquiétudes de Mme Weenie-Sutherland n’ont pas été prises au sérieux et que les professionnels de la santé ont tardé à agir, malgré les supplications de sa mère, de sa sœur et de son partenaire.
« Ce n’est pas une tragédie isolée. Les femmes autochtones continuent de faire face à des obstacles systématiques dans les soins de santé », a déclaré Mme Cameron. « Leurs symptômes sont trop souvent minimisés. »
La famille de Mme Weenie-Sutherland et la FSIN souhaitent que l’hôpital rende des comptes, ainsi que le renforcement des protocoles de santé maternelle et des réformes à l’échelle du système pour garantir que les femmes autochtones soient traitées correctement.
La SHA a affirmé avoir rencontré la famille, et les membres de son équipe de santé des Premières Nations et des Métis contribuent à une communication respectueuse de la culture et empreinte de compassion.
«La Saskatchewan Health Authority (SHA) présente ses sincères condoléances à la famille et à la communauté suite au décès d’une mère lors de son accouchement plus tôt cette année. Il s’agit d’une perte profonde et tragique», indique la déckaration. «Nous nous engageons à continuer de collaborer directement avec la famille à mesure que l’enquête progresse.»
«Je prendrai toujours soin de notre fille»
La fille nouveau-née de Mme Weenie-Sutherland a survécu aux complications.
Le père, Blayne Morin, a déclaré que lui et Weenie-Sutherland avaient hâte de devenir parents pour la première fois ensemble.
«Nous avions tant de projets pour notre bébé avant sa naissance», a soutenu M. Morin.
«Nous ne voulions pas qu’elle grandisse comme nous l’avons fait.»
— Blayne Morin
M. Morin a expliqué qu’ils voulaient briser le cycle des traumatismes intergénérationnels et intégrer des enseignements et des pratiques culturels dans l’éducation de leur fille.
Il dit qu’il prévoit toujours d’emmener sa fille aux pow-wow et à d’autres cérémonies.
«Je prendrai toujours soin de notre fille, en lui montrant cet amour et cette attention que toi (Jaali) m’as témoignés, ainsi qu’à tous ceux qui t’ont côtoyée», a-t-il dit.
M. Morin a indiqué qu’il se souviendrait de Weenie-Sutherland pour son sourire, ses blagues et son grand cœur.
«Elle était toujours là pour prêter une oreille attentive lorsque sa famille ou ses amis traversaient une épreuve», a-t-il dit.
Mme Weenie-Sutherland devait obtenir son diplôme en travail social le mois prochain. À sa place, c’est sa sœur qui montera sur scène pour recevoir son diplôme.
Blayne dit espérer que des changements puissent être apportés au sein du système de santé, afin qu’aucune autre famille n’ait à vivre ce qu’il vit actuellement.

