Santé

De plus en plus de jeunes se blessent en trottinette électrique

«Bon nombre de personnes qui utilisent des trottinettes électriques ne connaissent peut-être même pas certaines règles de sécurité routière.»

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Une personne est debout sur une trottinette électrique. (Photo d'archive) Une personne est debout sur une trottinette électrique. (Photo d'archive)

Un nombre croissant d’enfants et d’adolescents subissent des blessures graves en raison des trottinettes électriques, selon le centre de traumatologie de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

L’établissement a fait cette déclaration alors que le projet pilote du Québec sur les trottinettes électriques et autres appareils motorisés doit prendre fin cet été.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Selon les données du Programme canadien de déclaration et de prévention des blessures dans les hôpitaux, le centre de traumatologie de l’Hôpital de Montréal pour enfants a traité 80 enfants et adolescents l’année dernière pour des traumatismes crâniens, des traumatismes abdominaux, faciaux et dentaires, ainsi que d’autres blessures, telles que des fractures, des lacérations et des entorses.

Cette année, l’hôpital a déjà pris en charge 30 patients victimes d’accidents liés aux trottinettes électriques.

«On a presque l’impression qu’on les traite comme s’il s’agissait d’un jouet sur nos routes», a lancé Debbie Friedman, directrice du service de traumatologie et directrice du programme à l’Hôpital de Montréal pour enfants. «Bon nombre de personnes qui utilisent des trottinettes électriques ne connaissent peut-être même pas certaines règles de sécurité routière. On les met sur la route aux côtés des automobilistes, et c’est très préoccupant.»

Elle souligne qu’auparavant, 9% des cas étaient suffisamment graves pour nécessiter une hospitalisation. Ce pourcentage a grimpé en flèche pour atteindre près de 20%.

De plus, 60% des blessures liées aux trottinettes électriques concernent des enfants n’ayant pas l’âge légal de 14 ans pour en faire.

«Ils manquent de discernement, et l’ivresse du moment entraîne des situations extrêmement graves qui bouleversent la vie de certains de ces jeunes, de leurs familles et de leurs collectivités», a expliqué Mme Friedman. «C’est tout à fait dévastateur lorsqu’il y a une blessure grave. Cela touche tout le monde.»

Selon elle, divers facteurs contribuent à l’augmentation du nombre de blessures.

«Nous sommes très préoccupés par l’état des routes ici, qui ne se prête pas à une pratique sécuritaire», a avoué Mme Friedman à CTV News. «La vitesse à laquelle les utilisateurs roulent, le type de casques – s’ils en portent –, sont-ils correctement fixés à leur tête pour leur offrir un certain degré de protection? Le fait qu’ils roulent à deux sur une même trottinette.»

L’hôpital reconnaît qu’au cours des trois dernières années, l’utilisation des trottinettes électriques a considérablement augmenté partout au Québec. Par conséquent, les spécialistes en traumatologie affirment qu’il y a un besoin urgent de mesures de sécurité plus strictes et d’une plus grande sensibilisation du public.

«J’ai entendu d’innombrables témoignages de personnes racontant qu’on leur coupe la route, que les chauffeurs d’autobus sont constamment inquiets», a rapporté Mme Friedman. «Je le répète: l’état de nos routes n’est pas idéal. À bien des égards, cela expose les utilisateurs de trottinettes électriques à des accidents traumatisants.»

L’hôpital insiste sur le fait qu’à l’issue de ce projet pilote, les décideurs politiques, les centres de traumatologie et les collectivités locales doivent continuer à travailler ensemble.

«La législation est importante, mais elle ne suffit pas à prévenir les blessures », a mentionné Liane Fransblow, coordonnatrice en traumatologie du Programme de prévention des blessures de l’Hôpital de Montréal pour enfants. «Les familles, les jeunes et les collectivités ont tous un rôle à jouer.»

CTV News

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