Santé

De nouvelles mesures aux frontières canadiennes en raison de l’épidémie d’Ebola

Les responsables ont indiqué que le risque sanitaire pour le Canada était «actuellement considéré comme faible» et qu’aucun cas lié à un voyage n’avait été signalé.

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Vanny Birungi, bénévole de la Croix-Rouge, s'adresse à la population lors d'une campagne de sensibilisation menée dans le cadre de l'épidémie d'Ebola à Bunia, au Congo, le lundi 25 mai 2026. (AP Photo/Moses Sawasawa) Vanny Birungi, bénévole de la Croix-Rouge, s'adresse à la population lors d'une campagne de sensibilisation menée dans le cadre de l'épidémie d'Ebola à Bunia, au Congo, le lundi 25 mai 2026. AP Photo (Moses Sawasawa)

Le gouvernement fédéral met en place de nouvelles mesures aux frontières afin d’empêcher la propagation du virus Ebola au Canada, alors que le nombre de cas continue d’augmenter en République démocratique du Congo, en Ouganda et au Soudan du Sud.

À partir de cette semaine, les personnes en provenance des régions touchées devront s’isoler pendant 21 jours. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) suspend également les décisions finales concernant plusieurs demandes d’immigration.

Lors d’un breffage technique destiné aux journalistes avant une conférence de presse des ministres de la Santé et de l’Immigration, des responsables gouvernementaux ont déclaré que de nouvelles mesures seraient mises en œuvre à compter de samedi en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine.

Les responsables ont précisé que le risque sanitaire pour le Canada est « actuellement considéré comme faible » et qu’aucun cas lié à un voyage n’a été signalé.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

À compter du 30 mai, les citoyens canadiens, les résidents permanents, les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens et les ressortissants étrangers qui se sont rendus dans les pays touchés au cours des trois dernières semaines seront toujours autorisés à entrer au Canada, mais ils devront se soumettre à une évaluation de santé à leur arrivée et se conformer aux mesures de santé publique.

Les voyageurs présentant des symptômes seront transférés à l’hôpital pour y subir un examen médical, tandis que ceux qui ne présentent aucun symptôme devront présenter un plan prévoyant une quarantaine de trois semaines.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus Ebola est rare chez l’homme et se transmet par contact direct, bien qu’il s’agisse d’une maladie grave et souvent mortelle. La maladie ravage actuellement la RDC, où les autorités ont déclaré une épidémie au début du mois.

L’OMS prévient qu’il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre le type d’Ebola actuellement observé en RDC et en Ouganda, mais précise qu’elle y travaille.

Citant l’OMS, un représentant du gouvernement a souligné l’incertitude entourant le nombre de cas d’Ebola et leur répartition géographique, et a expliqué que les nouvelles mesures prises par le Canada relevaient d’une «grande prudence».

Selon des responsables gouvernementaux, environ 350 personnes par semaine arrivent au Canada en provenance des trois pays concernés, dont la majorité — environ 60 % — sont des citoyens canadiens ou des résidents permanents.

«Nous adoptons une approche de précaution pour assurer la sécurité des Canadiens», a affirmé la ministre de la Santé, Marjorie Michel, lors d’une conférence de presse sur la Colline du Parlement mardi.

«La réponse que nous mettons en place s’aligne sur celle des États-Unis et du Mexique, car nous avons dit que nous adoptions une approche régionale, particulièrement dans le contexte de la Coupe du monde masculine de la FIFA.»

—  Marjorie Michel, ministre de la Santé

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi le gouvernement fédéral mettait en œuvre ces nouvelles mesures malgré les avertissements historiques de l’OMS selon lesquels certaines restrictions en matière d’immigration découlent souvent de la peur plutôt que de données scientifiques, Mme Michel a de nouveau évoqué la Coupe du monde.

«Les Canadiens sont encore traumatisés par ce qui s’est passé lors de la précédente épidémie», a également exprimé Mme Michel, faisant référence à la pandémie de COVID-19. «Et maintenant, je pense que nous devons les protéger autant que possible.»

De nouvelles mesures qui entrent en vigueur mercredi

IRCC met également en œuvre dès demain une série de mesures visant à réduire le risque de propagation de la maladie au Canada, notamment la suspension temporaire de certaines demandes d’immigration émanant de résidents de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud.

Les responsables présents lors de la conférence de presse ont également indiqué qu’ils suspendaient, pour les trois prochains mois, les décisions finales concernant certaines demandes — notamment les visas de résidence permanente, les visas de résident temporaire, les autorisations de voyage électroniques, les permis d’études et les permis de travail — émanant de résidents de ces trois pays.

Ils ont précisé que le personnel de l’immigration continuera de traiter les demandes entre-temps, mais ne rendra aucune décision finale à leur sujet pendant 90 jours. Cette mesure pourrait être prolongée, modifiée ou levée avant l’expiration des 90 jours, selon la situation en Afrique centrale, ont également indiqué les responsables.

S’adressant aux journalistes sur la Colline du Parlement aux côtés de Mme Michel, la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab, a dit: «Que ce soit clair : les documents ne seront pas annulés.»

«Une fois ces mesures levées, les documents qui n’auront pas expiré seront réactivés, et personne n’aura besoin de présenter une nouvelle demande», a-t-elle ajouté.

«Nous ne prenons pas ces décisions à la légère, mais nous devons faire de la sécurité des Canadiens notre priorité absolue», a également indiqué Mme Diab. «Il s’agit d’une mesure de précaution visant à réduire les risques pour la population canadienne, et si la situation en matière de santé publique évolue, ces mesures seront ajustées en conséquence.»

Le Canada envoie de l’aide

Marjorie Michel a souligné que le Canada envoyait une aide scientifique à la région à la demande de l’OMS.

Le ministre a déclaré en français que les scientifiques canadiens possèdent une expertise dans ce domaine et que la décision d’apporter cette aide témoigne de l’engagement du Canada face à ce problème mondial.