Les bateaux de croisières, qui accueillent une clientèle toujours plus nombreuse dans le monde, sont des lieux d’interactions en vase clos. Le protocole sanitaire en cas de maladie infectieuse, comme sur le navire bloqué face au Cap-Vert à la suite de plusieurs cas d’hantavirus, y est strict.
Organisée par un petit opérateur néerlandais spécialiste des voyages de type expéditions polaires au contact de la nature, la croisière, partie de Ushuaïa en Argentine, a enregistré le décès de trois passagers. D’autres personnes présentent des symptômes, dont le médecin de la croisière qui se trouve dans un état grave.
Quelles mesures à bord du MV Hondius?
Des équipes médicales sont venues à bord pour examiner les personnes malades, avait indiqué lundi Oceanwide Expeditions, le croisiériste néerlandais du MV Hondius. Mercredi, deux infectiologues devaient quitter les Pays-Bas pour se rendre sur le navire, selon l’entreprise.
Oceanwide Expeditions a indiqué qu’elle avait activé le «niveau de réponse le plus élevé» avec «des mesures de précaution strictes», dont l’isolement des passagers, ainsi que des protocoles d’hygiène et une surveillance médicale.

Deux membres d’équipage malades et une personne cas contact ont été évacués du navire mercredi, selon l’OMS.
Le navire devrait ensuite mettre le cap sur l’archipel des Canaries, où il doit accoster dans les prochains jours, selon les autorités espagnoles.
Lors de la pandémie de Covid-19, en février 2020, le bateau de croisière Diamond Princess avait été placé en quarantaine durant deux semaines au Japon avant que les passagers ne puissent débarquer. Plus de 700 personnes avaient été infectées à bord et 13 étaient décédées.
Que fait l’OMS ?
L’OMS joue un rôle majeur en cas d’épidémie.
Pour le MV Hondius, elle a indiqué travailler en collaboration avec les autorités de plusieurs pays concernés, dont le Cap-Vert, les Pays-Bas et l’Espagne, ainsi que les exploitants du navire pour coordonner des actions «visant à assurer la sécurité et la santé de toutes les personnes à bord, tout en limitant la propagation ultérieure».
La souche d’hantavirus détectée sur un des passagers, évacué en Afrique du Sud, est celle des Andes, transmissible entre humains, a déclaré mercredi le ministre sud-africain de la Santé devant une commission parlementaire. L’hôpital universitaire de Genève a confirmé avoir identifié cette souche.
Les passagers et les membres d’équipage doivent notamment «effectuer une autosurveillance active des symptômes pendant 45 jours», indique l’OMS.
L’OMS a en outre lancé des démarches pour rechercher les cas contacts et retrouver les passagers du vol à bord duquel une croisiériste néerlandaise contaminée a été évacuée depuis l’île de Sainte-Hélène vers l’Afrique du Sud, avant de décéder à l’hôpital.
Quelles sont les obligations réglementaires?
En cas de risque sanitaire, c’est le Règlement sanitaire international (RSI) qui s’applique. Il vise à mettre en place un réseau d’alerte et de réponse performant au niveau mondial.
L’objectif est d’assurer le maximum de protection contre la propagation internationale des menaces sanitaires, via la prévention, la surveillance et l’intervention en cas de nécessité.
Le RSI est le seul instrument international juridiquement contraignant en matière de sécurité sanitaire. Il stipule notamment que tout port (ou aéroport) ouvert au trafic international doit disposer de capacités de surveillance et d’action pour faire face à des risques sanitaires.
L’association internationale des compagnies de croisières (CLIA) a affirmé à l’AFP que ses membres étaient par ailleurs «tenus de respecter des politiques qui vont bien au-delà des exigences réglementaires».
Ces dernières incluent notamment «des procédures avancées de nettoyage et de désinfection, une surveillance continue des maladies, ainsi que des mesures de réponse rapide en cas de problème sanitaire».
La CLIA précise qu’Oceanwide Expeditions, l’exploitant du MV Hondius, n’est pas membre de son organisation.
