Les travaux de construction d’un stationnement ont commencé à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, mais voilà qui ne suffit vraiment pas aux yeux de la Coalition HMR: à l’approche de la présentation du budget provincial, on déplore le manque d’avancement des travaux dans le projet de modernisation et d’agrandissement de l’établissement montréalais.
La coalition réclame que le gouvernement caquiste fasse passer sans délai le projet à l’étape de la réalisation, avec notamment une injection financière de 300 millions de dollars (M$) dès la présentation du budget provincial de mercredi prochain.
Aux voix dénonciatrices de plusieurs personnalités politiques, incluant le porte-parole libéral en santé Monsef Derraji, celui de Québec solidaire (QS) Guillaume Cliche-Rivard, la péquiste Catherine Gentilcore et le député indépendant de Rosemont Vincent Marissal, s’est ajoutée vendredi celle du nouveau chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard.
En conférence de presse aux abords de l’hôpital, M. Milliard n’a pas manqué de tirer à boulets rouges sur le gouvernement de François Legault, qui n’a plus la faveur populaire tandis que s’égrènent les jours avant les prochaines élections provinciales prévues à l’automne.
«Il y a un point commun entre le gouvernement actuel et l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, les deux tiennent avec de la broche.»
— Charles Milliard, chef du PLQ
«La différence ici, c’est que les Québécois veulent sauver l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont», a continué le chef libéral. «On croit au projet, on veut que les travaux se poursuivent, que les sommes soient prévues dans le budget dans les prochains jours.»
Coupures et optimisation
La Coalition HMR, qui comprend Jean-Denis Charest, président-directeur général de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, trouve que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), laisse la modernisation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à l’abandon à force de coupures et d’initiatives d’optimisation.
Pour M. Charest, «les efforts d’optimisation pour Maisonneuve-Rosemont ont été faits», Québec doit le «reconnaître» et ne pas appliquer la directive d’optimisation – directive qui vient avec une volonté de sabrer dans les dépenses du projet. Le Programme québécois d’infrastructures (PQI) impose une révision à la baisse de 15%, laquelle est imposée à tous les projets en planification.
«Qu’on arrête de parler de l’optimisation», a lâché le libéral Monsef Derraji. «Ce sont des coupures sauvages. Quand on commence à parler de passer de chambres individuelles à des chambres communes; quand on commence à réduire la taille des toilettes […], c’est assez.»
Son chef Charles Milliard est du même avis. «On ne met pas une pharmacie d’un hôpital de classe mondiale au deuxième sous-sol», a-t-il commenté. «Ça ne se fait pas, pour plusieurs raisons opérationnelles et scientifiques.»
«Des enjeux récurrents»
Tout aussi critique, le Dr Marc Brosseau, président du Conseil des médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes (CMDPSF) du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal prévient de «l’urgence» de mener d’avancer rapidement le projet, «parce que les enjeux sont récurrents».
Le Dr Brosseau cite des pannes d’ascenseurs qui engendrent des «risques» importants, le manque de ventilation et des dégâts d’eau survenus pas plus tard que la semaine dernière.
«On contourne la poubelle remplie d’eau, mais ce serait bien d’avoir un milieu conforme aux standards modernes», a dit le médecin.
Reports et critiques
Le gouvernement de François Legault, qui a annoncé sa démission dans les derniers mois et qu’il partira une fois qu’il sera remplacé par un nouveau chef à la CAQ, a été vertement critiqué pour avoir mis trop de temps à lancer les travaux à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. On s’était engagé à commencer dès 2024, mais on a cité l’importance de nombreux autres travaux d’infrastructures pour justifier les reports.
Or, ces travaux tant attendus d’agrandissement et de modernisation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ont été lancés en septembre dernier avec la première pelletée de terre du stationnement.
À terme, l’ensemble des travaux doit permettre notamment d’augmenter à 720 le nombre de lits et à 26 le nombre de berceaux de l’établissement.
Le nouveau stationnement comptera 678 places répondant à «des critères écoresponsables». Une trentaine de celles-ci seront réservées aux véhicules électriques et un stationnement à vélos de 76 places sera aussi aménagé.
Le vaste chantier doit s’étaler sur 10 ans, jusqu’en 2035-2036, annonçait le ministre de la Santé qui était à l’époque Christian Dubé, en mai dernier, en promettant de financer l’entièreté du projet.
L’hôpital montréalais a souvent fait les manchettes pour sa vétusté, notamment en raison de la présence de rongeurs et de chauve-souris à l’intérieur des murs, ainsi qu’une panne d’électricité majeure, survenue le printemps dernier qui a paralysé le bloc opératoire.
Avec de l’information d’Étienne Fortin-Gauthier et d’Émile Bérubé-Lupien pour Noovo Info.

