Deux hôpitaux pour enfants canadiens ont émis des avertissements de sécurité concernant les blessures liées aux trottinettes électriques, exhortant les utilisateurs à prendre conscience des risques d’accidents susceptibles de bouleverser leur vie.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
«Ce n’est pas un jouet, et il faut le traiter comme tel», a expliqué Debbie Friedman, directrice de la prévention des blessures à l’Hôpital de Montréal pour enfants, à CTV News.
«Nous constatons des traumatismes crâniens, des traumatismes faciaux, des traumatismes abdominaux, des fractures, des lacérations. Ce sont des blessures graves.»
— Debbie Friedman, directrice de la prévention des blessures à l’Hôpital de Montréal pour enfants
Cet appel a été repris par l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, qui indique que la plupart des visites à l’hôpital dues à des blessures liées aux trottinettes électriques concernent des enfants âgés de 13 à 15 ans.
Au Québec, l’utilisation des trottinettes électriques est autorisée à partir de 14 ans, tandis que dans la plupart des autres provinces et territoires, ce n’est qu’à partir de 16 ans que l’on obtient le feu vert. Pourtant, bon nombre des patients transportés d’urgence aux salles d’urgence sont plus jeunes que ces âges.
«Plus de la moitié ne portent pas de casque, 59 % dépassent la limite de vitesse de 25 km/h; nous voulons donc que les gens soient conscients des risques inhérents à l’utilisation des trottinettes électriques», a indiqué la Dre Shelina Babul, directrice de l’Unité de recherche et de prévention des blessures de la Colombie-Britannique à l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique.

Le 10 juin, un enfant de 12 ans qui circulait à trottinette électrique à North Vancouver a été transporté à l’hôpital avec des blessures légères à la suite d’une collision avec un véhicule. La GRC a remis au tuteur de l’enfant une contravention pour avoir permis à une personne de moins de 16 ans de conduire une trottinette électrique.
«La police, les premiers intervenants et les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme depuis un certain temps déjà sur les dangers des trottinettes électriques et les blessures graves qu’elles peuvent causer», a affirmé dans un communiqué le caporal Mansoor Sahak, agent des relations avec les médias de la GRC de North Vancouver. «Tout en poursuivant nos efforts de sensibilisation, nous avons intensifié les mesures d’application de la loi et nous tenons les parents responsables.»
Les chiffres du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) montrent que les visites à l’hôpital liées à des blessures causées par des trottinettes électriques ont augmenté de 50 %, passant de 18 en 2023-2024 à 36 en 2024-2025. Cette tendance semble se poursuivre à mesure que ces appareils gagnent en popularité.
En avril, un garçon de 14 ans a été transporté au CHEO à Kanata, en Ontario. À l’époque, les ambulanciers avaient indiqué que le garçon avait été heurté par un véhicule qui effectuait un virage.
«Ces engins ne sont pas conçus pour les enfants; ils sont conçus pour les adultes», a soutenu Rob Attrell, de Bike Ottawa.
«On se retrouve donc à conduire un engin qui est potentiellement trop grand pour soi et qui est également équipé d’un moteur très puissant, capable d’atteindre des vitesses bien plus élevées que ce à quoi on s’attend.»
— Rob Attrell, Bike Ottawa
Les autorités sanitaires soulignent également que l’intégration des appareils de micromobilité, tels que les trottinettes électriques et les vélos électriques, à la circulation comporte des risques inhérents, et que les adultes doivent eux aussi faire preuve de prudence. Un homme dans la cinquantaine a été tué et un autre, dans la vingtaine, a été gravement blessé dans la région d’Ottawa cette semaine.
L’Hôpital de Montréal pour enfants indique que les médecins sont confrontés à un nombre accru de blessures liées aux trottinettes électriques et constatent également une augmentation des cas graves.
«L’année dernière, nous avons vu près de 80 cas à notre service d’urgence, dont un peu moins de 10 % ont nécessité une hospitalisation en raison de blessures plus graves», a précisé Mme Friedman. «Cette année, ce chiffre avoisine les 20 %. Cela signifie que les blessures sont extrêmement graves, qu’elles nécessitent l’intervention de nombreux spécialistes en traumatologie et que, dans certains cas, l’issue est incertaine. Le coût est bien réel.»
Un ensemble disparate de règlements est en vigueur à travers le pays. Au Québec, en plus d’autoriser les jeunes enfants à en faire, la vitesse maximale est de 25 km/h, tandis que d’autres juridictions ont adopté une limite de 20 km/h.
«J’ai l’impression que beaucoup de gens ne connaissent pas la réglementation et, dans une certaine mesure, traitent les trottinettes électriques comme s’il s’agissait d’un jouet sur nos routes», a dit Mme Friedman.
Elle exhorte les utilisateurs à respecter la réglementation et les autorités à tenir compte des risques. Le Québec a, pour l’instant, autorisé les trottinettes électriques et autres appareils de mobilité personnelle motorisés dans le cadre d’un projet pilote qui doit prendre fin cet été.
