Santé

Cancers pédiatriques: des anticorps aberrants nuiraient à la réparation de l'ADN

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Les enfants qui ont développé un cancer avaient environ huit fois plus de chances que leurs camarades en bonne santé de présenter des anticorps dirigés contre au moins un antigène central impliqué dans la réparation de l'ADN. Sur la photo, du matérie... Les enfants qui ont développé un cancer avaient environ huit fois plus de chances que leurs camarades en bonne santé de présenter des anticorps dirigés contre au moins un antigène central impliqué dans la réparation de l'ADN. Sur la photo, du matériel médical en Oregon en 2022. Crédit image | AP Photo (Jenny Kane)

Les enfants touchés par le cancer semblent produire une quantité anormalement élevée d’anticorps aberrants qui attaqueraient les protéines essentielles à la réparation de leur ADN, ont constaté des chercheurs norvégiens.

Cette découverte «pourrait ouvrir la voie à un dépistage précoce chez les jeunes enfants, dans l’espoir de les empêcher à terme de développer ce type de cancers pédiatriques à l’adolescence», a-t-on indiqué par voie de communiqué.

L’étude montre que de nombreux enfants atteints de divers types de cancer possèdent des anticorps dirigés contre certaines de leurs propres protéines de réparation de l’ADN. Ces «auto-anticorps» peuvent pénétrer dans les cellules vivantes et se lier à ces protéines essentielles, voire en inhiber l’activité.

«Nous émettons l’hypothèse qu’une affection auto-immune subclinique préexistante, caractérisée par la présence d’auto-anticorps pénétrants, pourrait compromettre l’intégrité du génome ou d’autres fonctions cellulaires vitales au cours de périodes critiques de croissance ou de différenciation tissulaire accélérée, et pourrait ainsi prédisposer au cancer», écrivent les auteurs des travaux.

Une comparaison entre un groupe d’enfants et d’adultes atteints du cancer et un groupe de sujets en santé a ainsi révélé que, par rapport aux jeunes adultes et aux personnes âgées, les enfants âgés de 2 à 19 ans atteints d’un cancer pédiatrique présentaient des taux nettement plus élevés d’anticorps contre les protéines de réparation de l’ADN circulant dans leur sang.

Une analyse subséquente a démontré que les enfants qui ont développé un cancer avaient environ huit fois plus de chances que leurs camarades en bonne santé de présenter des anticorps dirigés contre au moins un antigène central impliqué dans la réparation de l’ADN.

«La détection des mêmes auto-anticorps, observés chez des patients atteints d’un cancer, chez des enfants en bonne santé chez qui un cancer a été diagnostiqué par la suite, renforce fortement l’hypothèse selon laquelle la présence d’auto-anticorps préexistants pourrait prédisposer à la maladie», rapportent les auteurs de l’étude.

De plus, poursuivent-ils, dans la majorité des échantillons pré-diagnostiques positifs, «ces auto-anticorps ont été détectés entre 6 et 15 ans avant le diagnostic, ce qui correspond au délai généralement admis pour l’apparition du cancer, estimé entre 5 et 20 ans».

Les chercheurs croient que la production d’anticorps qui interfèrent avec la réparation de l’ADN pourrait être déclenchée par des infections; par une réaction croisée avec certaines protéines microbiennes ou une surstimulation de la réponse immunitaire; ou encore par un déséquilibre au niveau de la tolérance immunitaire.

Ces résultats suggèrent d’emblée la possibilité de mettre en place un dépistage chez les enfants afin de détecter précocement toute prédisposition auto-immune au cancer, dans l’espoir d’empêcher l’apparition ultérieure de la maladie ou de la détecter à un stade précoce, conclut le communiqué.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Frontiers in Immunology.