L’obésité semble interférer avec la capacité du corps à éliminer efficacement les cellules qui risquent de se transformer en cellules cancéreuses, ce qui pourrait expliquer pourquoi l’obésité est un facteur de risque pour le cancer du sein, croient des chercheurs américains.
En résumé, les auteurs de l’étude ont constaté que les cellules cancéreuses meurent plus facilement dans les tissus maigres que dans les tissus gras.
Les seins sont principalement composés de graisse, et plus particulièrement de cellules adipeuses appelées adipocytes. Ces adipocytes varient en fonction du poids de la personne et peuvent être maigres ou obèses. En cas d’obésité, les adipocytes sont plus volumineux que chez les personnes minces.
Des travaux réalisés à l’Institut du cancer Huntsman de l’Université de l’Utah ont révélé que les adipocytes maigres produisent davantage d’une molécule appelée 9S-HODE que les adipocytes obèses.
Cette molécule joue un rôle important dans le mécanisme de l’organisme qui élimine les cellules vieilles ou endommagées ― y compris celles qui pourraient se transformer en cellules cancéreuses.
En produisant davantage de 9S-HODE, notre organisme nous protège activement dans des conditions de maigreur, ce qu’il ne peut pas faire en cas d’obésité, ont expliqué les auteurs de l’étude par voie de communiqué.
Dans leurs modèles précliniques chez la souris, les chercheurs ont constaté qu’une augmentation de la quantité de 9S-HODE dans les adipocytes obèses freinait la croissance des tumeurs du cancer du sein. Ils estiment que cette nouvelle découverte pourrait déboucher sur de meilleurs traitements.
Puisque le 9S-HODE est naturellement présent dans l’organisme, mais qu’il disparaît en cas d’obésité, il pourrait être rétablir cette protection en le réintroduisant, croient-ils, ce qui pourrait représenter «une approche thérapeutique tout à fait envisageable pour ralentir la progression du cancer du sein».
Les auteurs de l’étude admettent que l’obésité n’est qu’un facteur parmi d’autres contribuant au cancer du sein et que la maladie peut se développer pour d’autres raisons.
Ils précisent également que le 9S-HODE semble être principalement produit par les cellules adipeuses du sein, même si d’autres cellules adipeuses présentes dans l’organisme pourraient avoir une fonction protectrice similaire, ce qui nécessitera des recherches supplémentaires.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Cancer Metabolism, une publication de la famille Science.
