Santé

Cancer du pancréas: un traitement prometteur, mais inaccessible aux Canadiens

«C’est la plus grande percée jamais réalisée dans le domaine du cancer du pancréas.»

Publié le 

Chemotherapy is administered to a cancer patient via intravenous drip at Duke Cancer Center in Durham, N.C., on  Sept. 5, 2013. (The Canadian Press / AP-Gerry Broome)
Un patient atteint d'un cancer reçoit une chimiothérapie par perfusion intraveineuse au Duke Cancer Center de Durham, en Caroline du Nord, le 5 septembre 2013. Un patient atteint d'un cancer reçoit une chimiothérapie par perfusion intraveineuse au Duke Cancer Center de Durham, en Caroline du Nord, le 5 septembre 2013. (Gerry Broome/The Associated Press)

Un oncologue médical affirme qu’un nouveau médicament contre le cancer du pancréas constitue la «plus grande percée» dans le traitement de cette maladie, mais il y a des raisons pour lesquelles il n’est pas encore disponible au Canada.

Une étude menée aux États-Unis et publiée en mai avait révélé que le médicament expérimental daraxonrasib avait doublé la durée de survie des patients dans le cadre d’un essai clinique.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Il s’agit du premier médicament d’une toute nouvelle classe de médicaments actuellement en cours de développement qui ciblent une mutation du cancer du pancréas appelée RAS», a rapporté la Dre Jennifer Knox, directrice médicale de la clinique spécialisée dans le cancer du pancréas au Centre de cancérologie Princess Margaret de Toronto, à l’émission CTV Your Morning lundi.

«C’est donc la plus grande percée jamais réalisée dans le domaine du cancer du pancréas», a-t-elle ajouté.

La Dre Knox a précisé que les organismes de réglementation devaient d’abord évaluer l’innocuité du traitement.

«Ce n’est pas Santé Canada qui dit “non”, c’est simplement que Santé Canada n’a pas encore été sollicité pour l’examiner, ce qui est malheureusement courant dans le processus de développement des médicaments», a-t-elle expliqué.

La Dre Knox avait mentionné à la Presse canadienne au début du mois de juin qu’elle espérait lancer un essai clinique sur le daraxonrasib et d’autres médicaments apparentés au sein de son centre.

Les États-Unis examinent un nouveau médicament

Mme Knox a indiqué que la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis examine actuellement le daraxonrasib avant que le fabricant puisse présenter une demande d’homologation au Canada.

«Surtout si le médicament est mis au point aux États-Unis – ou dans d’autres pays, comme on peut l’imaginer –, ils vont donner la priorité à leur propre pays», a-t-elle dit, ajoutant que c’est une pratique courante lors de nouvelles découvertes.

Le mois dernier, le fabricant Revolution Medicines a affirmé à La Presse canadienne qu’il présentait d’abord une demande d’autorisation à la FDA et qu’il «préparait activement des demandes d’homologation à l’échelle mondiale», sans toutefois mentionner de pays en particulier.

EXCLUSIF | De la robotique au service de la lutte contre le cancer Par Eliot Tremblay | Une première mondiale au CHUM pourrait marquer un tournant important dans la lutte contre le cancer.

L’étude américaine, publiée dans le New England Journal of Medicine, a révélé que les patients ayant pris le comprimé quotidien ont survécu plus d’un an, contre environ six mois pour ceux ayant suivi une chimiothérapie seule.

L’étude portait sur 500 patients ayant déjà reçu un traitement pour un adénocarcinome canalaire pancréatique métastatique, le type de cancer du pancréas le plus courant.

Combien de Canadiens sont touchés?

Le cancer du pancréas est rarement diagnostiqué au Canada, mais il devrait devenir la troisième cause de décès liés au cancer en 2026, selon la Société canadienne du cancer.

L’organisme de bienfaisance estime que 7500 personnes au pays recevront un diagnostic de cancer du pancréas cette année, et que 6500 en mourront.

Le cancer du pancréas survient lorsque des cellules se développent dans le pancréas, un organe situé dans l’abdomen, puis forment une tumeur maligne qui se propage à d’autres parties du corps, selon les experts.

Souvent, les symptômes de ce type de cancer n’apparaissent qu’une fois que la tumeur s’est propagée, selon le site Web de la Clinique Mayo, ce qui explique qu’il soit rarement détecté à un stade précoce. La Clinique Mayo précise que les traitements actuels comprennent la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie ou une combinaison de ces options.

Avec des informations de La Presse canadienne